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Brouillon non relu. Ce cours est un brouillon non relu par l'enseignant : le contenu est à faire vérifier avant toute utilisation en classe.

S7 — SLCI — 2e partie : performances des asservissements

Objectif du chapitre. Analyser les performances d'un asservissement : l'algèbre des schémas-blocs (réduction, retour unitaire, perturbation), la précision (erreur statique, erreur de traînage, influence de la classe), la rapidité, la stabilité (critère sur les pôles, marges de gain et de phase — introduction), et les correcteurs P et PI (effet qualitatif). L'objectif est de savoir calculer l'erreur statique d'un asservissement en fonction de la classe et du type d'entrée : c'est l'exercice type du chapitre.

Notions​

1. Algèbre des schémas-blocs​

L'algèbre des schémas-blocs permet de simplifier un schéma-bloc complexe en une fonction de transfert unique.

Règles de base :

  • Série : deux blocs H1(p)H_1(p) et H2(p)H_2(p) en série ont une fonction de transfert H(p)=H1(p) H2(p)H(p) = H_1(p)\,H_2(p).
  • Parallèle : deux blocs H1(p)H_1(p) et H2(p)H_2(p) en parallèle (même entrée, sorties sommees) ont une fonction de transfert H(p)=H1(p)+H2(p)H(p) = H_1(p) + H_2(p).
  • Retour unitaire : un bloc H(p)H(p) en boucle fermée avec une rétroaction unitaire (R(p)=1R(p) = 1) a une fonction de transfert Hbf(p)=H(p)1+H(p)H_{\text{bf}}(p) = \dfrac{H(p)}{1 + H(p)}.
  • Retour non unitaire : avec une rétroaction R(p)R(p), la fonction de transfert est Hbf(p)=H(p)1+H(p) R(p)H_{\text{bf}}(p) = \dfrac{H(p)}{1 + H(p)\,R(p)} (formule de Black ; le numérateur reste le direct HH, pas HRHR).
  • Perturbation : une perturbation d(t)d(t) appliquée au système (entre le bloc et la sortie) a une fonction de transfert de perturbation Hd(p)=H2(p)1+H1(p) H2(p)H_d(p) = \dfrac{H_2(p)}{1 + H_1(p)\,H_2(p)} (si la perturbation est appliquée après le bloc H1H_1).

Exemple. Un asservissement avec un direct H1(p)=KpH_1(p) = \dfrac{K}{p} (un intégrateur) et un capteur H2(p)=1H_2(p) = 1 (rétroaction unitaire) : la fonction de transfert en boucle fermée est Hbf(p)=K/p1+K/p=Kp+KH_{\text{bf}}(p) = \dfrac{K/p}{1 + K/p} = \dfrac{K}{p + K} (un 1er ordre de constante de temps τ=1/K\tau = 1/K).

Schémas-blocs — boucle ouverte et boucle fermée

2. Précision : erreur statique et erreur de traînage​

La précision d'un asservissement est caractérisée par l'erreur ε(t)=econsigne(t)−s(t)\varepsilon(t) = e_{\text{consigne}}(t) - s(t) (la différence entre la consigne et la sortie).

Erreur statique. L'erreur statique est la valeur de l'erreur en régime permanent (t→+∞t \to +\infty) pour une consigne simple (échelon, rampe, parabole) ; elle se calcule avec le théorème de la valeur finale (si le système est stable) :

εstat=lim⁡t→+∞ε(t)=lim⁡p→0p ε(p).\varepsilon_{\text{stat}} = \lim_{t \to +\infty} \varepsilon(t) = \lim_{p \to 0} p\,\varepsilon(p).

Statut — Admis (théorème de la valeur finale, cf. S5). Le théorème de la valeur finale lim⁡t→∞ε(t)=lim⁡p→0p ε(p)\lim_{t\to\infty} \varepsilon(t) = \lim_{p\to 0} p\,\varepsilon(p) est admis en PCSI (il découle des propriétés de la transformée de Laplace, chapitre S5). Il ne s'applique que si le système est stable (tous les pôles de p ε(p)p\,\varepsilon(p) en partie réelle négative) ; la valeur finale figure aussi dans le tableau des transformées de Laplace du chapitre S5.

Influence de la classe. L'erreur statique dépend de la classe du système (le nombre de pôles à l'origine de la boucle ouverte H(p)R(p)H(p)R(p)) et du type d'entrée :

ClasseÉchelon E0 u(t)E_0\,u(t)Rampe E0 t u(t)E_0\,t\,u(t)Parabole E02t2 u(t)\dfrac{E_0}{2}t^2\,u(t)
0E01+K0\dfrac{E_0}{1 + K_0}∞\infty∞\infty
100E0K1\dfrac{E_0}{K_1}∞\infty
20000E0K2\dfrac{E_0}{K_2}

où K0=lim⁡p→0H(p)R(p)K_0 = \lim\limits_{p\to 0} H(p)R(p) (gain statique), K1=lim⁡p→0p H(p)R(p)K_1 = \lim\limits_{p\to 0} p\,H(p)R(p) (gain vitesse), K2=lim⁡p→0p2 H(p)R(p)K_2 = \lim\limits_{p\to 0} p^2\,H(p)R(p) (gain accélération). Notation : la rampe du tableau est e(t)=E0 t u(t)e(t) = E_0\,t\,u(t), donc E0E_0 est la pente de la rampe — c'est la même grandeur que la vitesse v0v_0 de la consigne utilisée pour l'erreur de traînage (E0=v0E_0 = v_0).

Erreur de traînage. L'erreur de traînage (ou erreur de poursuite) est l'erreur en régime permanent pour une consigne variable (une rampe e(t)=v0 te(t) = v_0\,t) ; pour un système de classe 1, l'erreur de traînage est εtraıˆnage=v0K1\varepsilon_{\text{traînage}} = \dfrac{v_0}{K_1} (proportionnelle à la vitesse de la consigne et inversement proportionnelle au gain vitesse).

Exemple. Un asservissement de position de classe 1 avec un direct H(p)=KpH(p) = \dfrac{K}{p} et une rétroaction unitaire : le gain vitesse est K1=KK_1 = K ; pour une consigne rampe e(t)=v0 te(t) = v_0\,t, l'erreur de traînage est εtraıˆnage=v0K\varepsilon_{\text{traînage}} = \dfrac{v_0}{K} (plus KK est grand, plus l'erreur est petite).

3. Rapidité​

La rapidité d'un asservissement est caractérisée par le temps de réponse trt_r (le temps pour lequel la sortie atteint et reste dans la bande ±5 %\pm 5\,\% de la valeur finale) ; pour un 1er ordre, tr≈3τt_r \approx 3\tau ; pour un 2e ordre, tr≈3ξω0t_r \approx \dfrac{3}{\xi\omega_0} ; la rapidité est augmentée en augmentant le gain KK (mais au détriment de la stabilité).

4. Stabilité​

Critère sur les pôles. Un système est stable si et seulement si tous les pôles de la fonction de transfert en boucle fermée ont une partie réelle négative (ils sont dans le demi-plan gauche du plan complexe) ; un pôle en partie réelle positive = système instable ; un pôle sur l'axe imaginaire = système marginalement stable (oscillations indéfinies).

Marges de gain et de phase. Les marges quantifient la stabilité d'un système stable :

  • Marge de gain MgM_g : le facteur par lequel le gain peut augmenter avant que le système ne devienne instable ; Mg=1∣H(jωπ)∣M_g = \dfrac{1}{|H(j\omega_\pi)|} où ωπ\omega_\pi est la pulsation où la phase est −180∘-180^\circ ; elle s'exprime usuellement en dB : Mg=20log⁡101∣H(jωπ)∣M_g = 20\log_{10}\dfrac{1}{|H(j\omega_\pi)|}.
  • Marge de phase MφM_\varphi : l'angle entre la phase de H(jωc)H(j\omega_c) et −180∘-180^\circ ; Mφ=arg⁡H(jωc)+180∘M_\varphi = \arg H(j\omega_c) + 180^\circ où ωc\omega_c est la pulsation de coupure (∣H(jωc)∣=1|H(j\omega_c)| = 1).

Pourquoi −180∘-180^\circ et ∣H∣=1|H| = 1 ? Le critère de stabilité en boucle fermée est que tous les pôles de H1+H R\dfrac{H}{1 + H\,R} aient une partie réelle négative ; le dénominateur 1+H(p) R(p)1 + H(p)\,R(p) s'annule quand H(p) R(p)=−1H(p)\,R(p) = -1 (un nombre réel négatif d'amplitude 11). En régime harmonique (p=jωp = j\omega), la condition H(jω) R(jω)=−1H(j\omega)\,R(j\omega) = -1 s'équivaut à :

  • arg⁡H(jω) R(jω)=−180∘\arg H(j\omega)\,R(j\omega) = -180^\circ (la boucle retourne le signal en opposition de phase — la rétroaction devient positive : la sortie renforce l'entrée au lieu de la corriger) ;
  • ∣H(jω) R(jω)∣=1|H(j\omega)\,R(j\omega)| = 1 (le gain de la boucle est unitaire : le signal retourne avec la même amplitude — ni amplifié ni atténué).

Quand les deux conditions sont satisfaites simultanément, le système oscille indéfiniment (oscillations entretenues) : c'est le point limite entre stabilité et instabilité. La marge de phase mesure combien la phase est loin de −180∘-180^\circ quand le gain est unitaire (si la phase atteint −180∘-180^\circ à un gain supérieur à 11, le système devient instable) ; la marge de gain mesure combien le gain peut augmenter avant que le produit ∣H∣ ∣R∣|H|\,|R| atteigne 11 quand la phase est −180∘-180^\circ ; plus les marges sont grandes, plus le système est stable (et moins il oscille).

Exemple. Un système avec une marge de phase Mφ=60∘M_\varphi = 60^\circ est stable avec une bonne marge ; un système avec Mφ=20∘M_\varphi = 20^\circ est stable mais peu stable (il oscille beaucoup).

5. Correcteurs P et PI​

Correcteur P (proportionnel). Un correcteur P a une fonction de transfert C(p)=KpC(p) = K_p (un gain constant) ; il augmente la rapidité (il augmente le gain) mais n'annule pas l'erreur statique (il la réduit seulement) ; pour un système de classe 0, l'erreur statique en échelon est εstat=11+Kp K0\varepsilon_{\text{stat}} = \dfrac{1}{1 + K_p\,K_0} (plus KpK_p est grand, plus l'erreur est petite, mais le système devient instable si KpK_p est trop grand).

Correcteur PI (proportionnel-intégral). Un correcteur PI a une fonction de transfert C(p)=Kp+Kip=Kp p+KipC(p) = K_p + \dfrac{K_i}{p} = \dfrac{K_p\,p + K_i}{p} ; il augmente la classe du système de 1 (il ajoute un pôle à l'origine) ; il annule l'erreur statique en échelon (le système devient de classe 1 ou plus) ; il augmente la précision mais réduit la stabilité (il ajoute un pôle qui peut déstabiliser le système).

Exemple. Un asservissement de position de classe 0 (un 1er ordre H(p)=K1+τpH(p) = \dfrac{K}{1 + \tau p}) avec un correcteur P : l'erreur statique en échelon est εstat=11+Kp K\varepsilon_{\text{stat}} = \dfrac{1}{1 + K_p\,K} (non nulle) ; avec un correcteur PI : le système devient de classe 1 ; l'erreur statique en échelon est nulle (εstat=0\varepsilon_{\text{stat}} = 0).

Capacités exigibles​

  • S7.erreur-statique — Calculer l'erreur statique d'un asservissement : déterminer la classe du système (le nombre de pôles à l'origine de la boucle ouverte H(p)R(p)H(p)R(p)) ; identifier le type d'entrée (échelon, rampe, parabole) ; appliquer le tableau des erreurs statiques (classe 0 : εstat=E01+K0\varepsilon_{\text{stat}} = \dfrac{E_0}{1 + K_0} en échelon, ∞\infty en rampe ; classe 1 : 00 en échelon, E0K1\dfrac{E_0}{K_1} en rampe ; classe 2 : 00 en échelon et en rampe, E0K2\dfrac{E_0}{K_2} en parabole) ; calculer le gain statique K0K_0, le gain vitesse K1K_1 et le gain accélération K2K_2 ; en déduire l'erreur statique et l'erreur de traînage.

Ce qui tombe en colle et en DS​

calculer l'erreur statique d'un asservissement en fonction de la classe et du type d'entrée.

Pièges classiques​

  • Classe : pôles à l'origine de la boucle ouverte : la classe est le nombre de pôles à l'origine de la boucle ouverte H(p)R(p)H(p)R(p) (pas de la boucle fermée) ; il ne faut pas confondre la classe de la boucle ouverte et celle de la boucle fermée (elles peuvent être différentes) ; pour un direct H(p)=KpH(p) = \dfrac{K}{p} et une rétroaction unitaire, la boucle ouverte est H(p)=KpH(p) = \dfrac{K}{p} (classe 1).
  • Erreur statique : théorème de la valeur finale : le théorème εstat=lim⁡p→0p ε(p)\varepsilon_{\text{stat}} = \lim\limits_{p\to 0} p\,\varepsilon(p) s'applique seulement si le système est stable (tous les pôles en partie réelle négative) ; il ne faut pas l'appliquer à un système instable (sinon on obtient une valeur fausse) ; si le système est instable, l'erreur diverge (elle n'a pas de valeur finale).
  • Classe 0 : erreur statique non nulle en échelon : pour un système de classe 0, l'erreur statique en échelon est εstat=E01+K0\varepsilon_{\text{stat}} = \dfrac{E_0}{1 + K_0} (non nulle) ; il ne faut pas supposer que l'erreur est nulle (sinon on sous-estime l'erreur) ; pour annuler l'erreur en échelon, il faut un système de classe 1 ou plus (ou un correcteur PI).
  • Classe 1 : erreur de traînage : pour un système de classe 1, l'erreur de traînage (en rampe) est εtraıˆnage=v0K1\varepsilon_{\text{traînage}} = \dfrac{v_0}{K_1} (proportionnelle à la vitesse de la consigne) ; il ne faut pas confondre l'erreur de traînage (en rampe) et l'erreur statique (en échelon) ; pour un système de classe 1, l'erreur statique en échelon est nulle mais l'erreur de traînage en rampe est non nulle.
  • Correcteur PI : augmente la classe : un correcteur PI augmente la classe du système de 1 (il ajoute un pôle à l'origine) ; il ne faut pas oublier que le correcteur PI modifie la classe (sinon on calcule l'erreur avec la mauvaise classe) ; un système de classe 0 avec un correcteur PI devient de classe 1 (l'erreur statique en échelon devient nulle).
  • Marge de phase : définition : la marge de phase Mφ=arg⁡H(jωc)+180∘M_\varphi = \arg H(j\omega_c) + 180^\circ est calculée à la pulsation de coupure ωc\omega_c (où ∣H(jωc)∣=1|H(j\omega_c)| = 1) ; il ne faut pas la calculer à la pulsation où la phase est −180∘-180^\circ (sinon on confond la marge de phase et la marge de gain) ; la marge de gain Mg=1∣H(jωπ)∣M_g = \dfrac{1}{|H(j\omega_\pi)|} est calculée à la pulsation ωπ\omega_\pi (où la phase est −180∘-180^\circ).
  • Perturbation : fonction de transfert : la fonction de transfert de perturbation Hd(p)=H2(p)1+H1(p) H2(p)H_d(p) = \dfrac{H_2(p)}{1 + H_1(p)\,H_2(p)} est différente de la fonction de transfert en boucle fermée Hbf(p)=H1(p) H2(p)1+H1(p) H2(p)H_{\text{bf}}(p) = \dfrac{H_1(p)\,H_2(p)}{1 + H_1(p)\,H_2(p)} ; il ne faut pas les confondre (sinon on calcule la mauvaise réponse) ; la perturbation est réduite par la boucle fermée (le dénominateur 1+H1 H21 + H_1\,H_2 divise la perturbation).

Graphe de référence​

Erreur statique en échelon d'un asservissement de classe 0 en fonction du gain KpK_p d'un correcteur P : εstat=11+Kp\varepsilon_{\text{stat}} = \dfrac{1}{1 + K_p} (pour un système de gain statique K0=1K_0 = 1). La courbe est décroissante : pour Kp=1K_p = 1, εstat=0,5\varepsilon_{\text{stat}} = 0{,}5 ; pour Kp=4K_p = 4, εstat=0,2\varepsilon_{\text{stat}} = 0{,}2 ; pour Kp=9K_p = 9, εstat=0,1\varepsilon_{\text{stat}} = 0{,}1 ; pour Kp=99K_p = 99, εstat≈0,01\varepsilon_{\text{stat}} \approx 0{,}01. Plus le gain est grand, plus l'erreur est petite (mais le système devient instable si KpK_p est trop grand).

Erreur statique en échelon (classe 0) en fonction du gain Kp

Pour aller plus loin​

Annales utilisables sur ce chapitre (§4 de l'annexe Ressources, exercices et annales) : e3a S2I PSI, CCINP S2I PSI — parties « modélisation » et « asservissement » ; sujets UPSTI PCSI.

Voir aussi Ressources, exercices et annales pour les manuels recommandés et les banques d'exercices gratuites.