Aller au contenu principal
Brouillon non relu. Ce cours est un brouillon non relu par l'enseignant : le contenu est à faire vérifier avant toute utilisation en classe.

M2 — Calculs algébriques

Objectif du chapitre. Devoir calculer vite et juste : sommer, factoriser, manipuler les indices, et résoudre un système linéaire par pivot. Ces automatismes servent dans chaque chapitre du programme ; l'objectif est de les rendre réflexes, sans perte de rigueur.

Notions​

1. Sommes et produits finis​

On note ∑k=pquk\displaystyle\sum_{k=p}^{q} u_k la somme up+up+1+⋯+uqu_p + u_{p+1} + \dots + u_q (avec la convention ∑k=pquk=0\sum_{k=p}^{q} u_k = 0 si q<pq < p), et ∏k=pquk\displaystyle\prod_{k=p}^{q} u_k le produit correspondant (valeur 11 si q<pq < p).

Propriétés de base.

∑k=pq(αuk+βvk)=α∑k=pquk+β∑k=pqvk,∑k=pq(uk−uk−1)=uq−up−1.\sum_{k=p}^{q} (\alpha u_k + \beta v_k) = \alpha \sum_{k=p}^{q} u_k + \beta \sum_{k=p}^{q} v_k, \qquad \sum_{k=p}^{q} (u_k - u_{k-1}) = u_q - u_{p-1}.

La seconde identité est la somme télescopique : chaque terme s'annule avec le suivant, il ne reste que les bornes.

Changement d'indice. Poser j=k+rj = k + r (ou j=−kj = -k, etc.) permet de réaligner les bornes. Attention aux bornes : si kk va de pp à qq, alors j=k+rj = k + r va de p+rp + r à q+rq + r. Exemple :

∑k=1nk(k+1)=∑j=2n+1(j−1) j.\sum_{k=1}^{n} k(k+1) = \sum_{j=2}^{n+1} (j-1)\, j.

Sommes usuelles à connaître par cœur.

  • Arithmétique : ∑k=0nk=n(n+1)2\displaystyle\sum_{k=0}^{n} k = \frac{n(n+1)}{2}, ∑k=0nk2=n(n+1)(2n+1)6\displaystyle\sum_{k=0}^{n} k^2 = \frac{n(n+1)(2n+1)}{6}.
  • Géométrique : si q≠1q \neq 1, ∑k=0nqk=1−qn+11−q\displaystyle\sum_{k=0}^{n} q^k = \frac{1 - q^{n+1}}{1 - q} ; si q=1q = 1, la somme vaut n+1n + 1 (cas à traiter séparément, jamais oublié).

Sommes doubles. ∑i=0m∑j=0nai,j\displaystyle\sum_{i=0}^{m} \sum_{j=0}^{n} a_{i,j} : on somme d'abord sur un indice, puis sur l'autre. L'ordre peut être inversé (Fubini discret) : ∑i∑j=∑j∑i\sum_i \sum_j = \sum_j \sum_i.

Méthode pour calculer une somme « classique ». Trois réflexes, dans cet ordre :

  1. Reconnaître la forme : somme de termes en progression arithmétique, géométrique, ou différence uk−uk−1u_k - u_{k-1} (télescopage).
  2. Réécrire le terme général pour faire apparaître la forme usuelle : factoriser, mettre au même dénominateur, ou décomposer en fractions simples.
  3. Appliquer la formule et vérifier les bornes.

Exemple type (deux lignes). Calculer Sn=∑k=1n1k(k+1)S_n = \displaystyle\sum_{k=1}^{n} \frac{1}{k(k+1)}.

  • On décompose : 1k(k+1)=1k−1k+1\dfrac{1}{k(k+1)} = \dfrac{1}{k} - \dfrac{1}{k+1} (fractions simples).
  • La somme est télescopique : Sn=(1−12)+(12−13)+⋯+(1n−1n+1)=1−1n+1=nn+1S_n = \left(1 - \dfrac{1}{2}\right) + \left(\dfrac{1}{2} - \dfrac{1}{3}\right) + \dots + \left(\dfrac{1}{n} - \dfrac{1}{n+1}\right) = 1 - \dfrac{1}{n+1} = \dfrac{n}{n+1}.

Exemple type (changement d'indice). Calculer ∑k=1n(2k−1)\displaystyle\sum_{k=1}^{n} (2k - 1).

  • On réécrit : ∑k=1n(2k−1)=2∑k=1nk−∑k=1n1=2⋅n(n+1)2−n=n2\sum_{k=1}^{n} (2k - 1) = 2\sum_{k=1}^{n} k - \sum_{k=1}^{n} 1 = 2 \cdot \frac{n(n+1)}{2} - n = n^2.
  • C'est la somme des nn premiers entiers impairs, égale à n2n^2.

2. Factorielle, binômes, Newton​

La factorielle n!=1×2×⋯×nn! = 1 \times 2 \times \dots \times n (avec 0!=10! = 1) satisfait (n+1)!=(n+1) n!(n+1)! = (n+1)\, n!.

Le coefficient binomial (nk)=n!k! (n−k)!\dbinom{n}{k} = \dfrac{n!}{k!\,(n-k)!} compte le nombre de parties de cardinal kk d'un ensemble de cardinal nn. Propriétés : symétrie (nk)=(nn−k)\dbinom{n}{k} = \dbinom{n}{n-k}, relation de Pascal (n+1k)=(nk)+(nk−1)\dbinom{n+1}{k} = \dbinom{n}{k} + \dbinom{n}{k-1}, et ∑k=0n(nk)=2n\displaystyle\sum_{k=0}^{n} \dbinom{n}{k} = 2^n.

Formule du binôme de Newton. Pour x,y∈Rx, y \in \mathbb{R} (ou C\mathbb{C}) et n∈Nn \in \mathbb{N} :

(x+y)n=∑k=0n(nk)xn−kyk.(x + y)^n = \sum_{k=0}^{n} \binom{n}{k} x^{n-k} y^{k}.

Applications du binôme.

  • Développement limité en 0 : (1+x)n=1+nx+n(n−1)2x2+⋯+xn(1 + x)^n = 1 + nx + \dfrac{n(n-1)}{2} x^2 + \dots + x^n, polynôme exact (pas d'approximation).
  • Somme des coefficients binomiaux : en prenant x=y=1x = y = 1, ∑k=0n(nk)=2n\sum_{k=0}^{n} \dbinom{n}{k} = 2^n ; en prenant x=1x = 1, y=−1y = -1, ∑k=0n(−1)k(nk)=0\sum_{k=0}^{n} (-1)^k \dbinom{n}{k} = 0 pour n≥1n \geq 1.
  • Exemple : (1+x)4=1+4x+6x2+4x3+x4(1 + x)^4 = 1 + 4x + 6x^2 + 4x^3 + x^4, les coefficients formant la quatrième ligne du triangle de Pascal.

Factorisations usuelles.

an−bn=(a−b)∑k=0n−1an−1−kbk,an+bn se factorise si n est impair (par a+b).a^n - b^n = (a - b) \sum_{k=0}^{n-1} a^{n-1-k} b^{k}, \qquad a^n + b^n \text{ se factorise si } n \text{ est impair (par } a + b\text{)}.

Conséquences utiles.

  • an−bna^n - b^n est toujours divisible par a−ba - b (donc x=ax = a est racine de Xn−bnX^n - b^n) ; c'est l'outil de base pour factoriser les différences de puissances.
  • xn−1=(x−1)(xn−1+xn−2+⋯+x+1)x^n - 1 = (x - 1)(x^{n-1} + x^{n-2} + \dots + x + 1) : la somme géométrique apparaît comme facteur, et x=1x = 1 est racine de multiplicité 1.
  • Pour nn impair, an+bn=(a+b)(an−1−an−2b+⋯−abn−2+bn−1)a^n + b^n = (a + b)(a^{n-1} - a^{n-2}b + \dots - ab^{n-2} + b^{n-1}).

3. Pivot de Gauss​

On veut résoudre un système linéaire de nn équations à nn inconnues. La méthode du pivot transforme le système en un système équivalent (mêmes solutions) échelonné (triangulaire), facile à résoudre par remontée.

Opérations autorisées (elles préservent l'ensemble des solutions) :

  1. Échanger deux lignes.
  2. Multiplier une ligne par un réel non nul.
  3. Ajouter à une ligne un multiple d'une autre ligne.

Algorithme. À l'étape ii, la ligne LiL_i sert de pivot pour éliminer l'inconnue ii-ème des lignes Li+1,…,LnL_{i+1}, \dots, L_n (on soustrait un multiple de LiL_i). On descend jusqu'à obtenir un système triangulaire, puis on remonte : la dernière équation donne l'inconnue nn, on reporte dans la précédente, etc.

Exemple.

{x+2y+2z=2(L1)x+3y−2z=−1(L2)3x+5y+8z=8(L3)\begin{cases} x + 2y + 2z = 2 & (L_1) \\ x + 3y - 2z = -1 & (L_2) \\ 3x + 5y + 8z = 8 & (L_3) \end{cases}
  • L2←L2−L1L_2 \leftarrow L_2 - L_1 et L3←L3−3L1L_3 \leftarrow L_3 - 3L_1 :
{x+2y+2z=2y−4z=−3−y+2z=2\begin{cases} x + 2y + 2z = 2 \\ y - 4z = -3 \\ -y + 2z = 2 \end{cases}
  • L3←L3+L2L_3 \leftarrow L_3 + L_2 :
{x+2y+2z=2y−4z=−3−2z=−1\begin{cases} x + 2y + 2z = 2 \\ y - 4z = -3 \\ -2z = -1 \end{cases}

Remontée : z=12z = \dfrac{1}{2}, puis y=−1y = -1, puis x=3x = 3. Solution unique : (3,−1,12)(3, -1, \tfrac{1}{2}).

Compatibilité et rang. Si, au cours du pivot, une ligne entière de zéros apparaît avec un second membre non nul (0=c0 = c, c≠0c \neq 0), le système est incompatible (pas de solution). Sinon, le nombre de solutions dépend du rang du système : rang =n= n (solution unique), rang <n< n (infinité de solutions, paramétrées par les inconnues secondaires).

Inconnues principales et secondaires. Dans un système échelonné de rang r<nr < n, on distingue :

  • les inconnues principales (ou pivot) : celles qui apparaissent en tête d'une équation non triviale, au nombre de rr ;
  • les inconnues secondaires (ou libres) : les n−rn - r autres, qu'on fait varier librement pour paramétrer la solution.

Chaque choix des inconnues secondaires détermine une solution ; l'ensemble des solutions est donc un sous-espace affiné de dimension n−rn - r.

Remarque sur le pivot. On n'a pas besoin de normaliser les pivots (diviser chaque ligne par son pivot) pour résoudre un système : il suffit d'obtenir un système triangulaire. La normalisation est utile pour obtenir la forme échelonnée réduite (un seul 11 par pivot, zéros ailleurs), qui donne directement la solution.

Démonstrations exigibles​

Démonstration exigible — à savoir refaire : formule du binôme. Par récurrence sur nn. Au rang 00 : (a+b)0=1=(00)a0b0(a+b)^0 = 1 = \binom{0}{0}a^0b^0. Au rang nn, (a+b)n+1=(a+b)(a+b)n=(a+b)∑k=0n(nk)an−kbk=∑k=0n(nk)an+1−kbk+∑k=0n(nk)an−kbk+1(a+b)^{n+1} = (a+b)(a+b)^n = (a+b)\sum_{k=0}^{n}\binom{n}{k}a^{n-k}b^k = \sum_{k=0}^{n}\binom{n}{k}a^{n+1-k}b^k + \sum_{k=0}^{n}\binom{n}{k}a^{n-k}b^{k+1}. En décalant l'indice dans la seconde somme et utilisant (nk)+(nk−1)=(n+1k)\binom{n}{k} + \binom{n}{k-1} = \binom{n+1}{k}, on obtient ∑k=0n+1(n+1k)an+1−kbk\sum_{k=0}^{n+1}\binom{n+1}{k}a^{n+1-k}b^k.

Capacités exigibles​

  • M2.pivot-gauss — Résoudre un système par pivot de Gauss : appliquer les trois opérations autorisées sans erreur, identifier les inconnues principales et secondaires, et conclure sur la compatibilité.
  • M2.somme-classique — Calculer une somme classique en deux lignes : reconnaître la forme (arithmétique, géométrique, télescopique, Newton), choisir la formule, et justifier le changement d'indice si nécessaire.

Pièges classiques​

  • Bornes des sommes lors d'un changement d'indice : si j=k+rj = k + r, les bornes deviennent p+rp + r et q+rq + r — vérifier systématiquement.
  • Oublier le cas q=1q = 1 dans une somme géométrique : la formule 1−qn+11−q\frac{1 - q^{n+1}}{1 - q} est invalide pour q=1q = 1 (dénommateur nul) ; la somme vaut alors n+1n + 1.
  • Confondre système équivalent et système de même rang : seules les trois opérations autorisées préservent l'ensemble des solutions ; multiplier une équation par 00 ne les préserve pas.
  • Oublier 0!=10! = 1 : indispensable pour que (n0)=(nn)=1\dbinom{n}{0} = \dbinom{n}{n} = 1 et que le binôme de Newton fonctionne pour n=0n = 0.
  • Inverser l'ordre d'une somme télescopique : ∑k=pq(uk−uk−1)=uq−up−1\sum_{k=p}^{q} (u_k - u_{k-1}) = u_q - u_{p-1}, pas up−1−uqu_{p-1} - u_q.

Graphe de référence​

La suite des sommes partielles de la série géométrique de raison 22, Sn=∑k=0n2k=2n+1−1S_n = \sum_{k=0}^{n} 2^k = 2^{n+1} - 1, croît exponentiellement : un exemple concret de l'application de la formule géométrique.

S_n = 2^(n+1) - 1 (sommes partielles, raison 2)

Pour aller plus loin​

Ce chapitre n'a pas de renvoi spécifique dans la table du §4 de l'annexe Ressources, exercices et annales (programme non explicitement couvert par les thèmes recensés) — voir la page générale pour les manuels recommandés, les banques d'exercices gratuites et les annales par matière.