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Brouillon non relu. Ce cours est un brouillon non relu par l'enseignant : le contenu est à faire vérifier avant toute utilisation en classe.

M20 — Fonctions de deux variables

Objectif du chapitre. Étendre l'analyse à plusieurs variables : les fonctions R2→R\mathbb{R}^2 \to \mathbb{R}, les dérivées partielles, le gradient, la règle de la chaîne, les dérivées partielles secondes (théorème de Schwarz), les points critiques et la recherche d'extremums, et les équations aux dérivées partielles simples. L'objectif est de savoir calculer un gradient, trouver les points critiques, et résoudre ∂f/∂x=0\partial f / \partial x = 0 par changement de variables.

Notions​

1. Fonctions R2→R\mathbb{R}^2 \to \mathbb{R} et continuité​

Une fonction de deux variables est une application f:U→Rf : U \to \mathbb{R} où U⊂R2U \subset \mathbb{R}^2 est un ouvert. On note f(x,y)f(x, y) la valeur en (x,y)(x, y).

Continuité. ff est continue en (x0,y0)(x_0, y_0) si lim⁡(x,y)→(x0,y0)f(x,y)=f(x0,y0)\lim_{(x, y) \to (x_0, y_0)} f(x, y) = f(x_0, y_0) (la limite est prise dans R2\mathbb{R}^2, pas seulement le long des axes). Les fonctions usuelles (polynômes, exp, trigonométriques) sont continues ; les opérations (somme, produit, composition) préservent la continuité.

Courbes de niveau. La courbe de niveau f=cf = c est l'ensemble {(x,y)∈U∣f(x,y)=c}\{(x, y) \in U \mid f(x, y) = c\} ; c'est l'analogue 2D d'une valeur de ff. Les courbes de niveau sont l'outil de visualisation des fonctions de deux variables (cartes topographiques, champs de potentiel).

2. Dérivées partielles​

La dérivée partielle de ff par rapport à xx en (x0,y0)(x_0, y_0) est

∂f∂x(x0,y0)=lim⁡h→0f(x0+h,y0)−f(x0,y0)h,\frac{\partial f}{\partial x}(x_0, y_0) = \lim_{h \to 0} \frac{f(x_0 + h, y_0) - f(x_0, y_0)}{h},

c'est-à-dire la dérivée de la fonction x↦f(x,y0)x \mapsto f(x, y_0) en x0x_0 (on gèle yy à y0y_0). De même pour ∂f∂y\dfrac{\partial f}{\partial y}.

Propriétés.

  • Les dérivées partielles sont des fonctions de deux variables (pas des nombres) : ∂f∂x:U→R\dfrac{\partial f}{\partial x} : U \to \mathbb{R}.
  • L'existence des dérivées partielles ne implique pas la continuité (contrairement au cas d'une variable) ; il faut des hypothèses plus fortes (dérivées partielles continues).
  • Si ff est dérivable (au sens du DL d'ordre 1) en (x0,y0)(x_0, y_0), alors les dérivées partielles existent et la dérivée est la forme linéaire (h,k)↦∂f∂x(x0,y0) h+∂f∂y(x0,y0) k(h, k) \mapsto \dfrac{\partial f}{\partial x}(x_0, y_0)\, h + \dfrac{\partial f}{\partial y}(x_0, y_0)\, k.

3. Gradient​

Le gradient de ff en (x,y)(x, y) est le vecteur

∇f(x,y)=(∂f∂x(x,y), ∂f∂y(x,y)).\nabla f(x, y) = \left( \frac{\partial f}{\partial x}(x, y),\, \frac{\partial f}{\partial y}(x, y) \right).

Interprétation géométrique.

  • ∇f\nabla f est orthogonal aux courbes de niveau de ff (en tout point où ∇f≠0\nabla f \neq 0).
  • ∇f\nabla f pointe dans la direction de la croissance la plus rapide de ff ; la direction de croissance la plus rapide est ∇f∥∇f∥\dfrac{\nabla f}{\|\nabla f\|}, et le taux de croissance maximal est ∥∇f∥\|\nabla f\|.
  • La dérivée directionnelle de ff dans la direction unitaire u⃗\vec{u} est ∇f⋅u⃗\nabla f \cdot \vec{u} (produit scalaire) ; elle est maximale quand u⃗\vec{u} est parallèle à ∇f\nabla f.

Exemple. f(x,y)=x2+y2f(x, y) = x^2 + y^2 : ∇f=(2x,2y)\nabla f = (2x, 2y). Les courbes de niveau sont des cercles x2+y2=cx^2 + y^2 = c ; le gradient (2x,2y)(2x, 2y) est radial (orthogonal aux cercles), ce qui confirme l'interprétation.

4. Fonctions de classe C1C^1 et développement limité​

Une fonction ff est de classe C1C^1 sur UU si les dérivées partielles ∂f∂x\dfrac{\partial f}{\partial x} et ∂f∂y\dfrac{\partial f}{\partial y} existent et sont continues sur UU.

Développement limité d'ordre 1. Si ff est de classe C1C^1 au voisinage de (x0,y0)(x_0, y_0), alors

f(x0+h,y0+k)=f(x0,y0)+∂f∂x(x0,y0) h+∂f∂y(x0,y0) k+o(h2+k2).f(x_0 + h, y_0 + k) = f(x_0, y_0) + \frac{\partial f}{\partial x}(x_0, y_0)\, h + \frac{\partial f}{\partial y}(x_0, y_0)\, k + o(\sqrt{h^2 + k^2}).

C'est l'analogue du DL d'ordre 1 en une variable : le terme linéaire est donné par le gradient.

5. Règle de la chaîne​

Soient f:R2→Rf : \mathbb{R}^2 \to \mathbb{R} de classe C1C^1 et φ:R→R2\varphi : \mathbb{R} \to \mathbb{R}^2, φ(t)=(x(t),y(t))\varphi(t) = (x(t), y(t)), de classe C1C^1. Alors la composée f∘φf \circ \varphi est de classe C1C^1 et

ddt f(x(t),y(t))=∂f∂x(x(t),y(t)) x′(t)+∂f∂y(x(t),y(t)) y′(t).\frac{d}{dt}\, f(x(t), y(t)) = \frac{\partial f}{\partial x}(x(t), y(t))\, x'(t) + \frac{\partial f}{\partial y}(x(t), y(t))\, y'(t).

Interprétation. La dérivée de la composée est le produit scalaire du gradient de ff (en (x(t),y(t))(x(t), y(t))) avec le vecteur vitesse (x′(t),y′(t))(x'(t), y'(t)).

Exemple. f(x,y)=x2+y2f(x, y) = x^2 + y^2 et φ(t)=(cos⁡t,sin⁡t)\varphi(t) = (\cos t, \sin t) (cercle unité). Alors ddtf(cos⁡t,sin⁡t)=ddt(cos⁡2t+sin⁡2t)=0\dfrac{d}{dt} f(\cos t, \sin t) = \dfrac{d}{dt} (\cos^2 t + \sin^2 t) = 0 (cohérent : ff est constante sur le cercle, et ∇f=(2cos⁡t,2sin⁡t)\nabla f = (2\cos t, 2\sin t) est orthogonal à la vitesse (−sin⁡t,cos⁡t)(-\sin t, \cos t)).

6. Dérivées partielles secondes et théorème de Schwarz​

Les dérivées partielles secondes sont

∂2f∂x2=∂∂x(∂f∂x),∂2f∂y2=∂∂y(∂f∂y),∂2f∂x∂y=∂∂y(∂f∂x),∂2f∂y∂x=∂∂x(∂f∂y).\frac{\partial^2 f}{\partial x^2} = \frac{\partial}{\partial x}\left(\frac{\partial f}{\partial x}\right), \qquad \frac{\partial^2 f}{\partial y^2} = \frac{\partial}{\partial y}\left(\frac{\partial f}{\partial y}\right), \qquad \frac{\partial^2 f}{\partial x \partial y} = \frac{\partial}{\partial y}\left(\frac{\partial f}{\partial x}\right), \qquad \frac{\partial^2 f}{\partial y \partial x} = \frac{\partial}{\partial x}\left(\frac{\partial f}{\partial y}\right).

Théorème de Schwarz. Si ff est de classe C2C^2 sur UU (les dérivées partielles secondes existent et sont continues), alors

∂2f∂x∂y=∂2f∂y∂x.\frac{\partial^2 f}{\partial x \partial y} = \frac{\partial^2 f}{\partial y \partial x}.

Matrice hessienne (complément hors programme). La matrice hessienne de ff en (x,y)(x, y) est

Hf(x,y)=(∂2f∂x2∂2f∂x∂y∂2f∂y∂x∂2f∂y2),H_f(x, y) = \begin{pmatrix} \dfrac{\partial^2 f}{\partial x^2} & \dfrac{\partial^2 f}{\partial x \partial y} \\[6pt] \dfrac{\partial^2 f}{\partial y \partial x} & \dfrac{\partial^2 f}{\partial y^2} \end{pmatrix},

symétrique si ff est de classe C2C^2 (théorème de Schwarz).

7. Points critiques et extrema (complément hors programme)​

Un point critique de ff est un point (x0,y0)∈U(x_0, y_0) \in U tel que ∇f(x0,y0)=(0,0)\nabla f(x_0, y_0) = (0, 0) (les deux dérivées partielles s'annulent).

Condition nécessaire. Si ff admet un extremum local (minimum ou maximum) en (x0,y0)(x_0, y_0) (avec ff de classe C1C^1), alors (x0,y0)(x_0, y_0) est un point critique (∇f=0\nabla f = 0).

Attention. La réciproque est fausse : un point critique n'est pas nécessairement un extremum (il peut être un point selle). Pour distinguer, on utilise la matrice hessienne :

  • Si Hf(x0,y0)H_f(x_0, y_0) est définie positive (déterminant >0> 0 et ∂2f∂x2>0\dfrac{\partial^2 f}{\partial x^2} > 0), alors (x0,y0)(x_0, y_0) est un minimum local.
  • Si Hf(x0,y0)H_f(x_0, y_0) est définie négative (déterminant >0> 0 et ∂2f∂x2<0\dfrac{\partial^2 f}{\partial x^2} < 0), alors (x0,y0)(x_0, y_0) est un maximum local.
  • Si le déterminant de Hf(x0,y0)H_f(x_0, y_0) est négatif, alors (x0,y0)(x_0, y_0) est un point selle (ni minimum ni maximum).
  • Si le déterminant est nul, le test est indécis (il faut une analyse plus fine).

Exemple. f(x,y)=x2−y2f(x, y) = x^2 - y^2 : ∇f=(2x,−2y)\nabla f = (2x, -2y), donc le seul point critique est (0,0)(0, 0). La hessienne est Hf=(200−2)H_f = \begin{pmatrix} 2 & 0 \\ 0 & -2 \end{pmatrix}, de déterminant −4<0-4 < 0 : (0,0)(0, 0) est un point selle (minimum en xx, maximum en yy).

8. Équations aux dérivées partielles simples​

Une équation aux dérivées partielles (EDP) est une équation faisant intervenir des dérivées partielles d'une fonction inconnue. Exemples simples :

  • Équation de transport : ∂u∂t+c ∂u∂x=0\dfrac{\partial u}{\partial t} + c\, \dfrac{\partial u}{\partial x} = 0 (solution u(x,t)=φ(x−c t)u(x, t) = \varphi(x - c\, t), onde se déplaçant à vitesse cc).
  • Équation de la chaleur : ∂u∂t=a2∂2u∂x2\dfrac{\partial u}{\partial t} = a^2 \dfrac{\partial^2 u}{\partial x^2} (diffusion).

Méthode de changement de variables. Pour résoudre ∂f∂x=0\dfrac{\partial f}{\partial x} = 0 (ou une EDP simple), on cherche un changement de variables qui simplifie l'équation (variables caractéristiques, coordonnées polaires, etc.).

Exemple. Résoudre ∂u∂t+∂u∂x=0\dfrac{\partial u}{\partial t} + \dfrac{\partial u}{\partial x} = 0 (équation de transport avec c=1c = 1). On pose s=x−ts = x - t ; alors ∂u∂t=−us\dfrac{\partial u}{\partial t} = -u_s et ∂u∂x=us\dfrac{\partial u}{\partial x} = u_s, donc l'équation devient −us+us=0-u_s + u_s = 0 : toute fonction u(x,t)=φ(x−t)u(x, t) = \varphi(x - t) est solution.

Capacités exigibles​

  • M20.gradient — Calculer un gradient : calculer les dérivées partielles ∂f∂x\dfrac{\partial f}{\partial x} et ∂f∂y\dfrac{\partial f}{\partial y} (en gelant l'autre variable), et former le vecteur ∇f=(∂f∂x,∂f∂y)\nabla f = \left(\dfrac{\partial f}{\partial x}, \dfrac{\partial f}{\partial y}\right).

Pièges classiques​

  • Point critique ≠ extremum : un point critique (∇f=0\nabla f = 0) peut être un point selle (ni minimum ni maximum) ; il faut la hessienne pour distinguer.
  • Le théorème de Schwarz suppose C2C^2 : l'égalité ∂2f∂x∂y=∂2f∂y∂x\dfrac{\partial^2 f}{\partial x \partial y} = \dfrac{\partial^2 f}{\partial y \partial x} suppose que les dérivées partielles secondes existent et sont continues (classe C2C^2) ; sans cette hypothèse, l'égalité peut échouer.
  • Dérivées partielles ≠ dérivabilité : l'existence des dérivées partielles ne implique pas la continuité ni la dérivabilité (au sens du DL d'ordre 1) ; il faut des hypothèses plus fortes (dérivées partielles continues).
  • Gradient orthogonal aux courbes de niveau : ∇f\nabla f est orthogonal aux courbes de niveau en tout point où ∇f≠0\nabla f \neq 0 ; si ∇f=0\nabla f = 0, la direction n'est pas définie (point critique).
  • Règle de la chaîne : produit scalaire : la dérivée de la composée est ∇f⋅v⃗\nabla f \cdot \vec{v} (produit scalaire du gradient avec la vitesse) ; il ne faut pas confondre avec le produit des dérivées.
  • Hessienne : le test est indécis si le déterminant est nul : si det⁡Hf=0\det H_f = 0, le test de la hessienne ne conclut pas (il faut une analyse plus fine, par exemple un DL d'ordre supérieur).

Graphe de référence​

La fonction f(x,y)=x2−y2f(x, y) = x^2 - y^2 (point selle en (0,0)(0, 0)) : les courbes de niveau x2−y2=cx^2 - y^2 = c sont des hyperboles ; le gradient ∇f=(2x,−2y)\nabla f = (2x, -2y) est orthogonal aux hyperboles. La courbe f(x,0)=x2f(x, 0) = x^2 (minimum en xx) et f(0,y)=−y2f(0, y) = -y^2 (maximum en yy) illustrent la nature « selle » du point critique.

f(x,0) = x^2 et f(0,y) = -y^2 (point selle)

Pour aller plus loin​

Ce chapitre n'a pas de renvoi spécifique dans la table du §4 de l'annexe Ressources, exercices et annales (programme non explicitement couvert par les thèmes recensés) — voir la page générale pour les manuels recommandés, les banques d'exercices gratuites et les annales par matière.