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M3 — Nombres complexes et trigonométrie
Objectif du chapitre. Maîtriser les trois formes d'un nombre complexe (algébrique, trigonométrique, exponentielle), savoir les convertir entre elles, et utiliser l'outil complexe pour linéariser des expressions trigonométriques et résoudrezn=a. Les complexes sont aussi le langage naturel des rotations et des oscillations (champs d'ondes, circuits en régime sinusoïdal).
Astuce de calcul. Pour simplifier une fraction de complexes, on multiplie numérateur et dénominateur par le conjugué du dénominateur : a+ib1=a2+b2a−ib.
Si z=0, on écrit z=∣z∣(cosθ+isinθ) avec θ=arg(z), défini modulo 2π (l'argument n'est pas unique : θ et θ+2kπ désignent le même complexe). On note eiθ=cosθ+isinθ (formule d'Euler), et on écrit z=∣z∣eiθ.
Passer d'une forme à l'autre.
Algébrique → exponentielle : ∣z∣=a2+b2, arg(z)=θ tel que cosθ=∣z∣a et sinθ=∣z∣b (attention au quadrant : cos et sin doivent avoir les bons signes).
Linéariser une expression trigonométrique, c'est l'écrire comme une somme de cosinus et de sinus d'angles multiples (ou de constantes). Outil : les formules d'Euler inverses
Méthode générale. Remplacer chaque cos et sin par sa forme exponentielle, développer (binôme de Newton), puis regrouper les termes conjugués eikθ et e−ikθ en cos(kθ) ou sin(kθ). Le résultat est toujours une somme de cosinus (ou de sinus) d'angles 0,θ,2θ,…,nθ, éventuellement avec un terme constant.
Factorisation trigonométrique. La même technique permet de factoriser : par exemple 1+eiθ=eiθ/2(e−iθ/2+eiθ/2)=2cos(2θ)eiθ/2 (angle moitié). Plus généralement, eiθ−1=2isin(2θ)eiθ/2.
Racines n-ièmes de l'unité. L'équation zn=1 admet exactement n solutions dans C, les racines n-ièmes de l'unité :
ωk=e2ikπ/n,k=0,1,…,n−1.
Elles sont de module 1, d'arguments n2kπ, et forment un polygone régulier à n côtés inscrit dans le cercle unité. Propriétés : ωkn=1, ∑k=0n−1ωk=0, et {ω0,…,ωn−1}={z∈C∣zn=1}.
Racines n-ièmes d'un complexe a=0. Écrire a=ρeiφ (avec ρ=∣a∣, φ=arg(a)). Les n solutions de zn=a sont :
zk=ρ1/nei(φ+2kπ)/n,k=0,1,…,n−1.
Méthode.
Écrire a en forme exponentielle.
Le module de chaque racine est ρ1/n (racine réelle positive).
Les arguments sont nφ+2kπ pour k=0,…,n−1.
Les n racines forment un polygone régulier à n côtés, de centre 0, tourné d'un angle φ/n par rapport à l'axe réel.
Exemple. Résoudre z3=8. On a 8=8ei0, donc ρ1/3=2 et les arguments sont 30+2kπ : z0=2, z1=2e2iπ/3=−1+i3, z2=2e4iπ/3=−1−i3.
Multiplication par eiθ : rotation d'angle θ autour de l'origine (module 1, pas de changement d'échelle).
Multiplication par z=ρeiθ : similitude directe de centre 0, de rapport ρ et d'angle θ.
Multiplication par un réel a : homothétie de centre 0 et de rapport a (si a<0, rotation de π en plus).
Utilisation. Pour montrer qu'une transformation du plan est une rotation ou une similitude, on écrit son affixe z′=az+b : si a=1, c'est une translation d'affixe b ; si ∣a∣=1 et a=1, c'est une rotation d'angle arg(a) (même si b=0 : elle possède un centre propre) ; sinon (∣a∣=1) c'est une similitude directe de rapport ∣a∣ et d'angle arg(a).
Exemple (rotation). La transformation z′=eiπ/3z+1 est une similitude directe de rapport 1 (donc une rotation) d'angle π/3, suivie d'une translation d'affixe 1. Son centre est le point d'affixe ζ tel que ζ=eiπ/3ζ+1, c'est-à-dire ζ(1−eiπ/3)=1. Comme 1−eiπ/3=21−i23=e−iπ/3, on a ζ=e−iπ/31=eiπ/3. La transformation est donc la rotation de centre ζ=eiπ/3 et d'angle π/3.
5bis. Équations du second degré à coefficients complexes
L'équation az2+bz+c=0 avec a=0 se résout exactement comme dans R, avec Δ=b2−4ac∈C :
z=2a−b±Δ,
où Δ désigne l'une des deux racines carrées de Δ dans C (elles sont opposées, donc les deux solutions sont bien obtenues). Il n'y a plus de distinction « Δ<0 » : dans C, tout nombre admet une racine carrée, et l'équation du second degré a toujours deux solutions (comptées avec multiplicité).
Exemple. Résoudre z2+z+1=0. On a Δ=1−4=−3=3eiπ, donc Δ=3eiπ/2=i3. Les solutions sont z=2−1±i3, c'est-à-dire e2iπ/3 et e4iπ/3 : les deux racines cubiques de l'unité autres que 1.
Démonstration exigible — à savoir refaire : somme des racines n-ièmes de l'unité. Soient ζ0,…,ζn−1 les racines de zn−1=0. Le polynôme zn−1 se factorise en ∏k=0n−1(z−ζk). En développant, le coefficient de zn−1 est −∑kζk d'un côté, et 0 de l'autre (pas de terme zn−1 dans zn−1). Donc ∑kζk=0.
M3.formes-complexes — Passer d'une forme à l'autre pour un complexe : algébrique ↔ exponentielle, en calculant le module et l'argument (avec le bon quadrant) et en respectant la périodicité modulo 2π.
M3.linearisation — Linéariser une expression trigonométrique : remplacer par les formes exponentielles, développer, regrouper les conjugués ; savoir aussi factoriser avec l'angle moitié.
M3.racines-unite — Résoudre zn=a : écrire a en forme exponentielle, donner les n racines (module ρ1/n, arguments nφ+2kπ), et les interpréter géométriquement.
Les 5 racines cinquièmes de l'unité e2ikπ/5 (k=0,…,4) forment un pentagone régulier inscrit dans le cercle unité ; la linéarisation de cos5x est cos5x=1610cosx+5cos3x+cos5x (le terme dominant est 1610cosx=85cosx) ; la courbe cos(5x) illustre le terme de plus haute fréquence.
Ce chapitre n'a pas de renvoi spécifique dans la table du §4 de l'annexe Ressources, exercices et annales (programme non explicitement couvert par les thèmes recensés) — voir la page générale pour les manuels recommandés, les banques d'exercices gratuites et les annales par matière.