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Brouillon non relu. Ce cours est un brouillon non relu par l'enseignant : le contenu est à faire vérifier avant toute utilisation en classe.

P1.2 — Propagation d'un signal

Objectif du chapitre. Étudier la propagation des ondes : l'onde progressive, le signal sinusoïdal s(x,t)=Acos⁡(ωt−kx+φ)s(x, t) = A\cos(\omega t - kx + \varphi) (célérité, période, longueur d'onde, double périodicité, déphasage), les interférences entre deux ondes de même fréquence (conditions constructives/destructives), les ondes stationnaires (nœuds et ventres) et la diffraction. L'objectif est de savoir exprimer un signal sous la forme s(x,t)=Acos⁡(ωt−kx+φ)s(x, t) = A\cos(\omega t - kx + \varphi) et interpréter chaque terme.

Notions​

1. Onde progressive et célérité​

Une onde est la propagation d'une perturbation dans l'espace et dans le temps, sans transport de matière (seule l'énergie se propage). Une onde progressive est une onde qui se propage dans un sens donné (elle se déplace) ; c'est le cas opposé à l'onde stationnaire (les nœuds sont fixes). L'amortissement est une notion indépendante : une onde progressive peut être amortie.

Célérité. La célérité cc d'une onde est la vitesse de propagation de la perturbation (en m/s). Le retard entre l'émission (à OO) et la réception (à MM, à la distance d=OMd = OM) est

τ=dc.\tau = \frac{d}{c}.

Signal reçu. Si le signal émis en OO est sO(t)s_O(t), le signal reçu en MM est sM(t)=sO(t−τ)=sO ⁣(t−dc)s_M(t) = s_O(t - \tau) = s_O\!\left(t - \dfrac{d}{c}\right) (le signal est retardé de τ\tau).

Exemples de célérités. Lumière dans le vide : c0≈3×108 m/sc_0 \approx 3 \times 10^8\,\text{m/s} ; son dans l'air (à 20∘C20^\circ\text{C}) : ≈343 m/s\approx 343\,\text{m/s} ; ondes sur une corde : c=T/μc = \sqrt{T/\mu} (tension TT, masse linéique μ\mu).

2. Signal sinusoïdal​

Un signal sinusoïdal (ou harmonique) émis en OO est sO(t)=Acos⁡(ωt+φ0)s_O(t) = A\cos(\omega t + \varphi_0), où AA est l'amplitude, ω\omega la pulsation et φ0\varphi_0 la phase initiale (les relations trigonométriques utilisées — addition de phases, cos⁡\cos — sont celles du chapitre M3). Le signal reçu en MM (distance dd) est

s(x,t)=Acos⁡(ωt−kx+φ0),s(x, t) = A\cos(\omega t - kx + \varphi_0),

où xx est la distance à la source et kk le nombre d'onde (ou vecteur d'onde scalaire), défini par k=ωc=2πλk = \dfrac{\omega}{c} = \dfrac{2\pi}{\lambda}.

Interprétation des termes.

  • AA : amplitude (valeur maximale du signal).
  • ω\omega : pulsation (rad/s) ; période temporelle T=2πωT = \dfrac{2\pi}{\omega}, fréquence f=1T=ω2πf = \dfrac{1}{T} = \dfrac{\omega}{2\pi}.
  • kk : nombre d'onde (rad/m) ; longueur d'onde λ=2πk=cf\lambda = \dfrac{2\pi}{k} = \dfrac{c}{f} (distance parcourue par l'onde en une période).
  • φ0\varphi_0 : phase initiale (déphasage à t=0t = 0, x=0x = 0).
  • ωt−kx+φ0\omega t - kx + \varphi_0 : phase du signal au point xx et au temps tt.

Double périodicité. Le signal est périodique dans le temps (période T=2π/ωT = 2\pi/\omega) et dans l'espace (période λ=2π/k\lambda = 2\pi/k) : s(x+λ,t)=s(x,t)s(x + \lambda, t) = s(x, t) et s(x,t+T)=s(x,t)s(x, t + T) = s(x, t).

Déphasage. Le déphasage entre deux signaux de même pulsation est la différence de phase : Δφ=φ2−φ1\Delta\varphi = \varphi_2 - \varphi_1. Deux signaux sont en phase si Δφ=0\Delta\varphi = 0 (mod 2π2\pi), en opposition de phase si Δφ=π\Delta\varphi = \pi (mod 2π2\pi).

Relation fondamentale. c=λf=λω2πc = \lambda f = \dfrac{\lambda \omega}{2\pi} ; la célérité est le produit de la longueur d'onde par la fréquence.

3. Interférences entre deux ondes de même fréquence​

Soient deux ondes de même pulsation ω\omega et de même amplitude AA arrivant en un point MM avec un déphasage Δφ\Delta\varphi (différence de marche δ\delta : Δφ=2πλ δ\Delta\varphi = \dfrac{2\pi}{\lambda}\, \delta). La somme est

sM(t)=Acos⁡(ωt)+Acos⁡(ωt+Δφ)=2Acos⁡ ⁣(Δφ2)cos⁡ ⁣(ωt+Δφ2).s_M(t) = A\cos(\omega t) + A\cos(\omega t + \Delta\varphi) = 2A\cos\!\left(\frac{\Delta\varphi}{2}\right) \cos\!\left(\omega t + \frac{\Delta\varphi}{2}\right).

L'amplitude résultante est Areˊs=2A∣cos⁡ ⁣(Δφ2)∣A_{\text{rés}} = 2A\left|\cos\!\left(\dfrac{\Delta\varphi}{2}\right)\right|.

Conditions d'interférences.

  • Interférences constructives (renforcement) : Δφ=2kπ\Delta\varphi = 2k\pi (mod 2π2\pi), c'est-à-dire δ=kλ\delta = k\lambda (différence de marche multiple de λ\lambda) ; amplitude maximale 2A2A.
  • Interférences destructives (extinction) : Δφ=(2k+1)π\Delta\varphi = (2k + 1)\pi (mod 2π2\pi), c'est-à-dire δ=(k+12)λ\delta = (k + \tfrac{1}{2})\lambda (différence de marche demi-multiple de λ\lambda) ; amplitude nulle.

Exemple (fentes de Young). Deux fentes éclairées par une même onde (sources cohérentes) : sur un écran, la différence de marche δ\delta entre les deux chemins détermine la position des franges. Les franges brillantes (constructives) sont à δ=kλ\delta = k\lambda ; les franges sombres (destructives) à δ=(k+12)λ\delta = (k + \tfrac{1}{2})\lambda. L'espacement des franges est Δx=λDa\Delta x = \dfrac{\lambda D}{a} (DD distance fentes-écran, aa écartement des fentes).

4. Ondes stationnaires​

Une onde stationnaire est la superposition de deux ondes progressives de même amplitude et de même pulsation se propageant en sens opposés (réflexion). La somme est

s(x,t)=Acos⁡(ωt−kx)+Acos⁡(ωt+kx)=2Acos⁡(kx)cos⁡(ωt).s(x, t) = A\cos(\omega t - kx) + A\cos(\omega t + kx) = 2A\cos(kx)\cos(\omega t).

L'onde stationnaire a une amplitude spatiale 2A∣cos⁡(kx)∣2A|\cos(kx)| qui dépend de xx (pas du temps) : elle ne se propage pas.

Nœuds et ventres.

  • Nœuds : points d'amplitude nulle (cos⁡(kx)=0\cos(kx) = 0, soit kx=(p+12)πkx = (p + \tfrac{1}{2})\pi avec p∈Zp \in \mathbb{Z}) ; les nœuds sont espacés de λ/2\lambda/2.
  • Ventres : points d'amplitude maximale (∣cos⁡(kx)∣=1|\cos(kx)| = 1, soit kx=pπkx = p\pi avec p∈Zp \in \mathbb{Z}) ; les ventres sont espacés de λ/2\lambda/2.

Modes propres (corde de Melde). Une corde de longueur LL fixée aux deux extrémités (nœuds aux bords) admet des modes propres de longueur d'onde λn=2Ln\lambda_n = \dfrac{2L}{n} (n=1,2,3,…n = 1, 2, 3, \dots) ; la fréquence du mode nn est fn=n c2Lf_n = \dfrac{n\, c}{2L}. Le mode fondamental (n=1n = 1) a λ1=2L\lambda_1 = 2L ; les harmoniques sont nn fois la fréquence fondamentale.

5. Diffraction​

La diffraction est la déviation d'une onde en contournant un obstacle ou en traversant une ouverture. L'angle de diffraction θ\theta (demi-angle du cône de diffraction) est de l'ordre de

θ∼λa,\theta \sim \frac{\lambda}{a},

où aa est la taille de l'ouverture (ou de l'obstacle). La diffraction est marquée (visible) si λ≳a\lambda \gtrsim a (la longueur d'onde est comparable ou supérieure à la taille de l'ouverture) ; elle est négligeable si λ≪a\lambda \ll a.

Exemple. La diffraction du son (longueur d'onde de l'ordre du mètre) est marquée par les obstacles domestiques (portes, murs) ; la diffraction de la lumière visible (λ∼500 nm\lambda \sim 500\,\text{nm}) est négligeable devant les objets macroscopiques (d'où l'optique géométrique).

Capacités exigibles​

  • P1.2.interferences — Déterminer les conditions d'interférences : calculer la différence de marche δ\delta (ou le déphasage Δφ\Delta\varphi) entre deux ondes de même fréquence, et déterminer si les interférences sont constructives (δ=kλ\delta = k\lambda) ou destructives (δ=(k+12)λ\delta = (k + \tfrac{1}{2})\lambda).

Ce qui tombe en colle et en DS​

Exprimer un signal sous la forme s(x,t)=Acos⁡(ωt−kx+φ)s(x, t) = A\cos(\omega t - kx + \varphi) et interpréter chaque terme : c'est l'exercice type de la propagation des ondes. Il faut savoir :

  • Identifier l'amplitude AA, la pulsation ω\omega, le nombre d'onde kk et la phase φ\varphi.
  • Calculer la célérité c=ω/kc = \omega/k, la période T=2π/ωT = 2\pi/\omega et la longueur d'onde λ=2π/k=c/f\lambda = 2\pi/k = c/f.
  • Déterminer le retard τ=d/c\tau = d/c et le déphasage Δφ=k δ\Delta\varphi = k\, \delta.
  • Appliquer les conditions d'interférences (constructives/destructives).

Pièges classiques​

  • Le signe de kxkx dans s(x,t)=Acos⁡(ωt−kx+φ)s(x, t) = A\cos(\omega t - kx + \varphi) : le signe « −kx- kx » correspond à une onde qui se propage vers x>0x > 0 ; une onde qui se propage vers x<0x < 0 a le signe « +kx+ kx ». Il ne faut pas confondre les deux.
  • Le retard est t−τt - \tau, pas t+τt + \tau : le signal reçu est retardé (on évalue le signal émis à l'instant t−τt - \tau, plus tôt) ; écrire sO(t+τ)s_O(t + \tau) serait un signal avancé (inphysique).
  • Interférences : les deux ondes doivent être de même fréquence : les interférences stables (constructives/destructives) supposent deux ondes de même pulsation ; si les pulsations diffèrent, on a des battements (amplitude modulée), pas des interférences fixes.
  • Différence de marche vs déphasage : Δφ=2πλ δ\Delta\varphi = \dfrac{2\pi}{\lambda}\, \delta ; il ne faut pas confondre la différence de marche δ\delta (en mètres) avec le déphasage Δφ\Delta\varphi (en radians).
  • Onde stationnaire : les nœuds sont fixes : dans une onde stationnaire, les nœuds et les ventres sont à des positions fixes (ils ne se propagent pas) ; c'est la différence fondamentale avec une onde progressive.
  • Diffraction : θ∼λ/a\theta \sim \lambda/a : la diffraction est marquée si λ≳a\lambda \gtrsim a ; il ne faut pas confondre la taille de l'ouverture aa avec la longueur d'onde λ\lambda.

Graphe de référence​

L'onde stationnaire s(x,t)=2Acos⁡(kx)cos⁡(ωt)s(x, t) = 2A\cos(kx)\cos(\omega t) (mode fondamental, n=1n = 1) : l'enveloppe spatiale 2A∣cos⁡(kx)∣2A|\cos(kx)| (en trait épais) et l'onde à t=0t = 0 (en trait fin) ; les nœuds sont en x=0x = 0 et x=Lx = L (extrémités), le ventre en x=L/2x = L/2. La longueur d'onde du mode fondamental est λ1=2L\lambda_1 = 2L.

Onde stationnaire mode fondamental : enveloppe 2A|cos(pi x/L)|

Pour aller plus loin​

Ce chapitre n'a pas de renvoi spécifique dans la table du §4 de l'annexe Ressources, exercices et annales (programme non explicitement couvert par les thèmes recensés) — voir la page générale pour les manuels recommandés, les banques d'exercices gratuites et les annales par matière.