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Brouillon non relu. Ce cours est un brouillon non relu par l'enseignant : le contenu est à faire vérifier avant toute utilisation en classe.

P1.6 — Circuit linéaire du premier ordre

Objectif du chapitre. Étudier les circuits linéaires du premier ordre : la charge et la décharge d'un condensateur (circuit RC), l'établissement du courant dans une bobine (circuit RL). On y définit la constante de temps τ\tau, on utilise les conditions de continuité de uCu_C et iLi_L, on distingue régime transitoire et régime permanent, et on fait un bilan énergétique. L'objectif est de savoir établir τ\tau, tracer l'allure de la grandeur étudiée et résoudre l'ED avec conditions initiales : c'est l'exercice type du chapitre.

Notions​

1. Circuit RC : charge et décharge d'un condensateur​

Charge. Un condensateur de capacité CC, initialement déchargé (uC(0)=0u_C(0) = 0), est branché en série avec une résistance RR et une source de tension EE (commutateur fermé à t=0t = 0).

Loi des mailles (sens de parcours choisi) : E−Ri−uC=0E - Ri - u_C = 0. Avec i=CduCdti = C \dfrac{\mathrm{d}u_C}{\mathrm{d}t} :

RCduCdt+uC=E.RC \frac{\mathrm{d}u_C}{\mathrm{d}t} + u_C = E.

Solution (ED du premier ordre, condition initiale uC(0)=0u_C(0) = 0) :

uC(t)=E(1−e−t/τ),τ=RC,u_C(t) = E\left(1 - e^{-t/\tau}\right), \qquad \tau = RC,

Statut — Admis (résolution d'ED). La solution uC(t)=E(1−e−t/τ)u_C(t) = E(1 - e^{-t/\tau}) est la solution de l'ED du 1er ordre RC duCdt+uC=ERC\,\dfrac{\mathrm{d}u_C}{\mathrm{d}t} + u_C = E avec uC(0)=0u_C(0) = 0 (cf. M4, ED du 1er ordre) ; elle est admise (résultat standard, à connaître et à exploiter — tracer l'allure, lire τ\tau) sans re-démonstration.

où τ=RC\tau = RC est la constante de temps (en secondes). L'intensité vaut i(t)=ERe−t/τi(t) = \dfrac{E}{R} e^{-t/\tau} : elle est maximale à t=0t = 0 (i(0)=E/Ri(0) = E/R) et décroît exponentiellement vers 00.

Décharge. Le condensateur chargé à EE se décharge à travers RR : uC(t)=E e−t/τu_C(t) = E\, e^{-t/\tau} avec la même constante de temps τ=RC\tau = RC.

Régime permanent. Quand t≫τt \gg \tau (pratiquement t≳5τt \gtrsim 5\tau), le condensateur est chargé : uC=Eu_C = E (charge) et i=0i = 0 : le condensateur se comporte comme un circuit ouvert.

2. Circuit RL : établissement du courant dans une bobine​

Établissement. Une bobine d'inductance LL et de résistance propre rr, en série avec une résistance RR et une source EE (commutateur fermé à t=0t = 0), initialement sans courant (i(0)=0i(0) = 0).

Loi des mailles : E−(R+r)i−Ldidt=0E - (R + r)i - L \dfrac{\mathrm{d}i}{\mathrm{d}t} = 0. En posant Rtot=R+rR_{\text{tot}} = R + r :

Ldidt+Rtoti=E.L \frac{\mathrm{d}i}{\mathrm{d}t} + R_{\text{tot}} i = E.

Solution (condition initiale i(0)=0i(0) = 0) :

i(t)=ERtot(1−e−t/τ),τ=LRtot.i(t) = \frac{E}{R_{\text{tot}}}\left(1 - e^{-t/\tau}\right), \qquad \tau = \frac{L}{R_{\text{tot}}}.

L'intensité croît exponentiellement de 00 vers E/RtotE/R_{\text{tot}} ; la tension aux bornes de la bobine uL=Ldidt=E e−t/τu_L = L \dfrac{\mathrm{d}i}{\mathrm{d}t} = E\, e^{-t/\tau} décroît de EE vers 00.

Régime permanent. Quand t≫τt \gg \tau, i=E/(R+r)i = E/(R + r) (constant) et uL=0u_L = 0 : la bobine se comporte comme un court-circuit (fil de résistance rr, sa résistance propre).

3. Constante de temps​

La constante de temps τ\tau d'un circuit du premier ordre est le paramètre qui caractérise la vitesse de la transition :

  • Circuit RC : τ=RC\tau = RC (s) — produit de la résistance (vue du condensateur) par la capacité.
  • Circuit RL : τ=L/Rtot\tau = L/R_{\text{tot}} (s) — rapport de l'inductance à la résistance totale (vue de la bobine).

Interprétation. τ\tau est le temps que met la grandeur pour atteindre 1−e−1≈63,2 %1 - e^{-1} \approx 63{,}2\,\% de sa valeur finale (charge) ou pour tomber à e−1≈36,8 %e^{-1} \approx 36{,}8\,\% de sa valeur initiale (décharge). En pratique, le régime permanent est atteint à t≈5τt \approx 5\tau (1−e−5≈99,3 %1 - e^{-5} \approx 99{,}3\,\%).

Méthode pour établir τ\tau.

  1. Identifier l'élément stockeur (condensateur ou bobine).
  2. Calculer la résistance équivalente vue par cet élément (sources de tension court-circuitées, sources de courant ouvertes).
  3. τ=ReqC\tau = R_{\text{eq}} C (RC) ou τ=L/Req\tau = L/R_{\text{eq}} (RL).

4. Conditions de continuité​

  • La tension aux bornes d'un condensateur est continue : uC(0+)=uC(0−)u_C(0^+) = u_C(0^-) (la charge stockée ne peut pas varier brutalement).
  • L'intensité dans une bobine est continue : iL(0+)=iL(0−)i_L(0^+) = i_L(0^-). Justification par l'énergie : l'énergie stockée dans la bobine est E=12L iL2E = \dfrac{1}{2} L\, i_L^2 ; un saut de iLi_L impliquerait une puissance infinie (P=dE/dtP = \mathrm{d}E/\mathrm{d}t), ce qui est impossible pour un circuit de résistance finie. (La formulation « le flux ne peut pas varier brutalement » est équivalente, cf. ch23.)

Conséquence. Pour résoudre l'ED avec conditions initiales, on calcule uC(0−)u_C(0^-) ou iL(0−)i_L(0^-) (état avant la commutation, en régime permanent), puis on impose uC(0+)=uC(0−)u_C(0^+) = u_C(0^-) ou iL(0+)=iL(0−)i_L(0^+) = i_L(0^-) comme condition initiale.

Exemple. Condensateur initialement déchargé, commuté à t=0t = 0 sur E=10 VE = 10\,\text{V} : uC(0−)=0u_C(0^-) = 0, donc uC(0+)=0u_C(0^+) = 0 (condition initiale). Bobine initialement sans courant : iL(0−)=0i_L(0^-) = 0, donc iL(0+)=0i_L(0^+) = 0.

5. Régime transitoire et régime permanent​

Régime transitoire. C'est la phase qui suit une perturbation (commutation, changement de tension) pendant laquelle la grandeur varie exponentiellement (caractérisée par τ\tau). Il dure environ 5τ5\tau.

Régime permanent. C'est l'état stationnaire atteint après le transitoire : les grandeurs sont constantes (en continu) ; le condensateur est chargé (iC=0i_C = 0), la bobine est en court-circuit (uL=0u_L = 0).

Allure à tracer. Pour tracer uC(t)u_C(t) ou iL(t)i_L(t) :

  1. Calculer la valeur initiale (t=0+t = 0^+, continuité).
  2. Calculer la valeur finale (t→∞t \to \infty, régime permanent).
  3. Tracer une exponentielle reliant les deux, avec la constante de temps τ\tau (à t=τt = \tau, la grandeur a parcouru 63,2 %63{,}2\,\% du chemin).

6. Bilan énergétique​

Circuit RC (charge). L'énergie délivrée par la source est Esource=E⋅q=E2CE_{\text{source}} = E \cdot q = E^2 C (charge totale q=CEq = CE). L'énergie stockée dans le condensateur est EC=12CE2E_C = \dfrac{1}{2}CE^2. L'énergie dissipée dans la résistance est ER=12CE2E_R = \dfrac{1}{2}CE^2. Bilan : Esource=EC+ERE_{\text{source}} = E_C + E_R (la moitié de l'énergie est dissipée, quel que soit RR).

Circuit RL (établissement). L'énergie délivrée par la source est Esource=E⋅∫i dtE_{\text{source}} = E \cdot \int i\,\mathrm{d}t. L'énergie stockée dans la bobine est EL=12Li∞2E_L = \dfrac{1}{2}L i_{\infty}^2 ; l'énergie dissipée dans la résistance est ER=∫Rtoti2 dtE_R = \int R_{\text{tot}} i^2\,\mathrm{d}t. Bilan : Esource=EL+ERE_{\text{source}} = E_L + E_R.

Exemple numérique. Circuit RC : R=10 kΩR = 10\,\text{k}\Omega, C=10 μFC = 10\,\mu\text{F}, E=12 VE = 12\,\text{V}. Constante de temps : τ=RC=104×10−5=0,1 s\tau = RC = 10^4 \times 10^{-5} = 0{,}1\,\text{s}. À t=τ=0,1 st = \tau = 0{,}1\,\text{s} : uC=12(1−e−1)=12×0,632=7,59 Vu_C = 12(1 - e^{-1}) = 12 \times 0{,}632 = 7{,}59\,\text{V} et i=12104e−1=0,441 mAi = \dfrac{12}{10^4} e^{-1} = 0{,}441\,\text{mA}. À t=5τ=0,5 st = 5\tau = 0{,}5\,\text{s} : uC=12(1−e−5)=11,92 Vu_C = 12(1 - e^{-5}) = 11{,}92\,\text{V} (régime permanent pratiquement atteint). Énergie stockée en régime permanent : EC=12CE2=12×10−5×144=0,72 mJE_C = \dfrac{1}{2} C E^2 = \dfrac{1}{2} \times 10^{-5} \times 144 = 0{,}72\,\text{mJ} ; énergie dissipée dans RR : ER=0,72 mJE_R = 0{,}72\,\text{mJ} (la moitié).

Exemple numérique (RL). Circuit RL : L=100 mHL = 100\,\text{mH}, Rtot=50 ΩR_{\text{tot}} = 50\,\Omega, E=10 VE = 10\,\text{V}. Constante de temps : τ=L/Rtot=0,1/50=2 ms\tau = L/R_{\text{tot}} = 0{,}1/50 = 2\,\text{ms}. Intensité finale : i∞=E/Rtot=0,2 Ai_\infty = E/R_{\text{tot}} = 0{,}2\,\text{A}. À t=τ=2 mst = \tau = 2\,\text{ms} : i=0,2(1−e−1)=0,126 Ai = 0{,}2(1 - e^{-1}) = 0{,}126\,\text{A} et uL=10 e−1=3,68 Vu_L = 10\, e^{-1} = 3{,}68\,\text{V}. Énergie stockée en régime permanent : EL=12Li∞2=12×0,1×0,04=2 mJE_L = \dfrac{1}{2} L i_\infty^2 = \dfrac{1}{2} \times 0{,}1 \times 0{,}04 = 2\,\text{mJ}.

Capacités exigibles​

  • P1.6.constante-temps — Établir la constante de temps d'un circuit du premier ordre : identifier l'élément stockeur (C ou L), calculer la résistance équivalente vue par cet élément (sources court-circuitées/ouvertes), et écrire τ=ReqC\tau = R_{\text{eq}} C (RC) ou τ=L/Req\tau = L/R_{\text{eq}} (RL).

Ce qui tombe en colle et en DS​

Établir τ\tau, tracer l'allure et résoudre l'ED avec conditions initiales : c'est l'exercice type du chapitre (circuit du 1ᵉʳ ordre). Il faut savoir :

  • Identifier la grandeur d'état (tension aux bornes du condensateur ou courant dans la bobine) et écrire l'équation différentielle du 1ᵉʳ ordre.
  • Calculer la constante de temps τ=RC\tau = RC (ou τ=L/R\tau = L/R) et l'état final (régime permanent).
  • Résoudre l'ED avec la condition initiale (continuité de uCu_C et iLi_L) et obtenir la solution transitoire.
  • Tracer l'allure de la réponse (croissance ou décroissance exponentielle) et lire τ\tau sur la courbe.
  • Distinguer la phase transitoire et le régime permanent.

Pièges classiques​

  • Confondre charge et décharge : la charge part de 00 et monte vers EE (1−e−t/τ1 - e^{-t/\tau}) ; la décharge part de EE et descend vers 00 (e−t/τe^{-t/\tau}). L'allure est symétrique mais les expressions ne sont pas identiques.
  • Oublier la condition initiale : il faut toujours calculer uC(0−)u_C(0^-) ou iL(0−)i_L(0^-) (état avant la commutation) et l'imposer en t=0+t = 0^+ (continuité). Sans condition initiale, la solution de l'ED n'est pas déterminée.
  • Résistance équivalente vue par le condensateur : pour calculer τ=ReqC\tau = R_{\text{eq}} C, il faut court-circuiter les sources de tension et ouvrir les sources de courant, puis calculer la résistance entre les bornes du condensateur. C'est la source n°1 d'erreurs.
  • Régime permanent : en continu, iC=0i_C = 0 (condensateur ouvert) et uL=0u_L = 0 (bobine court-circuit) ; il ne faut pas les oublier dans le calcul de la valeur finale.
  • Allure à t=τt = \tau : à t=τt = \tau, la grandeur a parcouru 63,2 %63{,}2\,\% du chemin (pas 50 %50\,\%) ; à t=5τt = 5\tau, elle a parcouru 99,3 %99{,}3\,\% (régime permanent atteint).
  • Bilan énergétique RC : la moitié de l'énergie est dissipée dans la résistance, quel que soit RR (résultat contre-intuitif mais vrai).

Graphe de référence​

Charge d'un condensateur (uC(t)=E(1−e−t/τ)u_C(t) = E(1 - e^{-t/\tau})) et intensité (i(t)=ERe−t/τi(t) = \dfrac{E}{R} e^{-t/\tau}) en fonction de t/τt/\tau (temps réduit). La courbe de uCu_C part de 00 et monte vers 11 (valeur finale normalisée) ; la courbe de ii part de 11 et descend vers 00. À t/τ=1t/\tau = 1, uC=63,2 %u_C = 63{,}2\,\% et i=36,8 %i = 36{,}8\,\% ; à t/τ=5t/\tau = 5, uC≈99,3 %u_C \approx 99{,}3\,\% (régime permanent).

Charge RC : uC(t) et i(t) en fonction de t/τ

Pour aller plus loin​

Annales utilisables sur ce chapitre (§4 de l'annexe Ressources, exercices et annales) : CCINP PC/PSI Physique 1, e3a Physique — parties « électronique ».

Voir aussi Ressources, exercices et annales pour les manuels recommandés et les banques d'exercices gratuites.