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Brouillon non relu. Ce cours est un brouillon non relu par l'enseignant : le contenu est à faire vérifier avant toute utilisation en classe.

P2.7 — Mouvement d'un solide en rotation autour d'un axe fixe

Objectif du chapitre. Étudier le mouvement d'un solide en rotation autour d'un axe fixe : le moment d'inertie JJ, le moment cinétique du solide L⃗=Jω⃗\vec{L} = J\vec{\omega}, le théorème du moment cinétique scalaire Jω˙=MJ\dot{\omega} = M, l'énergie cinétique de rotation Ec=12Jω2E_c = \dfrac{1}{2}J\omega^2, le pendule pesant, et le couplage avec l'induction (préparation à l'électromécanique). L'objectif est de savoir appliquer le théorème du moment cinétique scalaire : c'est l'exercice type du chapitre.

Le produit vectoriel u⃗×v⃗\vec{u} \times \vec{v} est défini dans l'annexe Outils mathématiques.

Notions​

1. Moment d'inertie​

Le moment d'inertie JJ d'un solide par rapport à un axe est la somme (ou l'intégrale) des contributions miri2m_i r_i^2 de chaque élément de masse mim_i à distance rir_i de l'axe :

J=∑imiri2(discreˋte),J=∫r2 dm(continue).J = \sum_i m_i r_i^2 \quad \text{(discrète)}, \qquad J = \int r^2\,\mathrm{d}m \quad \text{(continue)}.

L'unité est le kg·m². Le moment d'inertie mesure la résistance du solide à la rotation (analogie avec la masse pour la translation).

Moments d'inertie usuels.

SolideAxeJJ
Point de masse mmà distance rrmr2mr^2
Anneau (rayon RR)axe centralmR2mR^2
Disque (rayon RR)axe central12mR2\dfrac{1}{2}mR^2
Sphère (rayon RR)axe central25mR2\dfrac{2}{5}mR^2
Tige (longueur LL)axe central112mL2\dfrac{1}{12}mL^2
Tige (longueur LL)axe extrémité13mL2\dfrac{1}{3}mL^2

Théorème de Steiner (axe parallèle — complément, non exigible en PCSI ; nom usuel : théorème de Huygens). Le moment d'inertie par rapport à un axe parallèle à l'axe du centre de masse, à distance dd, est

J=Jcm+md2.J = J_{\text{cm}} + m d^2.

Exemple. Tige de masse mm, longueur LL : Jcm=112mL2J_{\text{cm}} = \dfrac{1}{12}mL^2 ; par rapport à l'extrémité (d=L/2d = L/2) : J=112mL2+m(L/2)2=13mL2J = \dfrac{1}{12}mL^2 + m(L/2)^2 = \dfrac{1}{3}mL^2 (cohérent avec le tableau).

Exemple numérique. Anneau de m=2 kgm = 2\,\text{kg}, R=0,5 mR = 0{,}5\,\text{m} : J=mR2=2×0,25=0,5 kg⋅m2J = mR^2 = 2 \times 0{,}25 = 0{,}5\,\mathrm{kg·m}^2.

2. Moment cinétique d'un solide​

Pour un solide en rotation autour d'un axe fixe de moment d'inertie JJ et de vitesse angulaire ω\omega, le moment cinétique (par rapport à l'axe) est

L=Jω.L = J\omega.

C'est l'analogue rotationnel de la quantité de mouvement p⃗=mv⃗\vec{p} = m\vec{v}.

3. Théorème du moment cinétique scalaire​

Le TMC scalaire (par rapport à l'axe de rotation) s'écrit

Jdωdt=M\boxed{J\frac{\mathrm{d}\omega}{\mathrm{d}t} = M}

où MM est le moment de la somme des forces extérieures par rapport à l'axe (en N·m). C'est l'analogue rotationnel du PFD ma=Fm a = F (avec J↔mJ \leftrightarrow m, ω↔v\omega \leftrightarrow v, M↔FM \leftrightarrow F).

Cas JJ constant (solide rigide) : Jθ¨=MJ\ddot{\theta} = M (avec ω=θ˙\omega = \dot{\theta}). Cas JJ variable (système avec masse mobile) : ddt(Jω)=M\dfrac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t}(J\omega) = M (il faut dériver le produit).

Conservation. Si M=0M = 0 (pas de moment extérieur), alors Jω=csteJ\omega = \text{cste} : le moment cinétique est conservé (effet « patineuse », chapitre P2.5).

4. Énergie cinétique de rotation​

L'énergie cinétique de rotation d'un solide autour d'un axe fixe est

Ec=12Jω2.E_c = \frac{1}{2}J\omega^2.

C'est l'analogue rotationnel de Ec=12mv2E_c = \dfrac{1}{2}mv^2.

Puissance. La puissance des forces est P=MωP = M\omega (analogue de P=FvP = Fv). Le travail d'un moment MM sur une rotation d'angle Δθ\Delta\theta est W=MΔθW = M\Delta\theta (si MM constant).

Exemple numérique. Solide de J=0,5 kg⋅m2J = 0{,}5\,\mathrm{kg·m}^2 tournant à ω=4 rad/s\omega = 4\,\text{rad/s} : Ec=12×0,5×16=4,0 JE_c = \dfrac{1}{2} \times 0{,}5 \times 16 = 4{,}0\,\text{J} ; moment cinétique L=Jω=0,5×4=2,0 kg⋅m2/sL = J\omega = 0{,}5 \times 4 = 2{,}0\,\mathrm{kg·m}^2/\text{s}.

5. Pendule pesant (solide)​

Un pendule pesant est un solide qui oscille autour d'un axe fixe sous l'effet de la gravité. Soit JJ son moment d'inertie par rapport à l'axe, mm sa masse, dd la distance de l'axe au centre de masse, et θ\theta l'angle avec la verticale.

Moment du poids. Le poids a pour moment M=−mgdsin⁡θM = -mgd\sin\theta (ramène vers θ=0\theta = 0). Le TMC scalaire donne

Jθ¨=−mgdsin⁡θ⟹θ¨+mgdJsin⁡θ=0.J\ddot{\theta} = -mgd\sin\theta \quad \Longrightarrow \quad \ddot{\theta} + \frac{mgd}{J}\sin\theta = 0.

Petits angles : θ¨+mgdJθ=0\ddot{\theta} + \dfrac{mgd}{J}\theta = 0 → oscillateur harmonique de pulsation ω0=mgd/J\omega_0 = \sqrt{mgd/J} et de période

T=2πJmgd.T = 2\pi\sqrt{\frac{J}{mgd}}.

Exemple (tige). Tige de longueur L=1,0 mL = 1{,}0\,\text{m}, pivotée par une extrémité : J=13mL2J = \dfrac{1}{3}mL^2, d=L/2d = L/2 : T=2πL2/3gL/2=2π2L3g=2π23×9,81=1,64 sT = 2\pi\sqrt{\dfrac{L^2/3}{gL/2}} = 2\pi\sqrt{\dfrac{2L}{3g}} = 2\pi\sqrt{\dfrac{2}{3 \times 9{,}81}} = 1{,}64\,\text{s}.

Pendule simple vs pendule pesant. Le pendule simple (bille, fil sans masse) a J=mL2J = mL^2, d=Ld = L : T=2πL/gT = 2\pi\sqrt{L/g} (chapitre P2.2). Le pendule pesant (tige) a T=2π2L/(3g)T = 2\pi\sqrt{2L/(3g)} : il oscille plus vite (période plus courte) que le pendule simple de même longueur (le centre de masse de la tige est à L/2L/2, pas à LL).

6. Couplage avec l'induction (préparation à l'électromécanique)​

Un solide conducteur (ou portant un enroulement) en rotation dans un champ magnétique génère une force électromotrice (induction, chapitre P4.3) : c'est le générateur. Réciproquement, un courant dans un enroulement soumis à un champ magnétique subit un moment (force de Laplace, chapitre P4.2) : c'est le moteur.

Équation couplée. Pour un moteur (enroulement de NN spires, flux Φ\Phi, courant II) : le moment électromagnétique est Mem=NIdΦdθM_{\text{em}} = N I \dfrac{\mathrm{d}\Phi}{\mathrm{d}\theta} (ou M=KIM = K I avec KK constante de couple) ; le TMC scalaire donne Jω˙=Mem−MfrotJ\dot{\omega} = M_{\text{em}} - M_{\text{frot}} ; la force contre-électromotrice (induction) est e=Kωe = K\omega (proportionnelle à la vitesse, opposée à la tension appliquée : la loi des mailles s'écrit U=RI+KωU = R I + K\omega). Le couplage mécanique/électrique est le cœur de l'électromécanique (moteurs, générateurs, freins à induction).

Exemple (frein à induction). Un disque conducteur en rotation dans un champ magnétique radial subit un moment de freinage Mfrot∝−ωM_{\text{frot}} \propto -\omega (forces de Lorentz sur les courants de Foucault) : le TMC scalaire Jω˙=−kωJ\dot{\omega} = -k\omega donne ω(t)=ω0e−kt/J\omega(t) = \omega_0 e^{-kt/J} (décroissance exponentielle, amortissement visqueux). C'est le principe des freins à induction (montagnes russes, machines-outils).

7. Applications : treuil, poulie et système couplé​

Treuil. Un treuil (manivelle de rayon rr, moment d'inertie JJ) soulève une masse mm attachée à une corde enroulée. Le TMC scalaire du treuil : Jω˙=Mmot−TrJ\dot{\omega} = M_{\text{mot}} - Tr (le moment de la tension TT est TrTr). Le PFD de la masse : T−mg=maT - mg = ma (avec a=rω˙a = r\dot{\omega}, la corde ne glisse pas). En éliminant TT (T=m(g+a)T = m(g + a)), on obtient l'équation du mouvement du système (couplage translation/rotation) : a=Mmot/r−mgm+J/r2a = \dfrac{M_{\text{mot}}/r - mg}{m + J/r^2} (le couple moteur MmotM_{\text{mot}} se convertit en une force équivalente Mmot/rM_{\text{mot}}/r au bord de la manivelle). Exemple : J=0,1 kg⋅m2J = 0{,}1\,\mathrm{kg·m}^2, r=0,1 mr = 0{,}1\,\text{m}, m=1 kgm = 1\,\text{kg}, Mmot=5 N⋅mM_{\text{mot}} = 5\,\mathrm{N·m} : a=5/0,1−9,811+0,1/0,01=50−9,8111≈3,65 m/s2a = \dfrac{5/0{,}1 - 9{,}81}{1 + 0{,}1/0{,}01} = \dfrac{50 - 9{,}81}{11} \approx 3{,}65\,\text{m/s}^2 (la masse monte : la force équivalente Mmot/r=50 NM_{\text{mot}}/r = 50\,\text{N} dépasse le poids mg=9,81 Nmg = 9{,}81\,\text{N}). En régime permanent (ω˙=0\dot{\omega} = 0 donc a=0a = 0), le couple moteur doit équilibrer le poids : Mmot=r mgM_{\text{mot}} = r\,mg (ici 0,98 N⋅m0{,}98\,\mathrm{N·m}) et T=mgT = mg.

Poulie. Une poulie de moment d'inertie JJ porte une corde sans masse reliant deux masses m1m_1 et m2m_2 (m1>m2m_1 > m_2). Le TMC scalaire de la poulie : Jω˙=(T1−T2)rJ\dot{\omega} = (T_1 - T_2)r ; les PFD des masses : m1g−T1=m1am_1 g - T_1 = m_1 a, T2−m2g=m2aT_2 - m_2 g = m_2 a (avec a=rω˙a = r\dot{\omega}). En éliminant T1T_1 et T2T_2, on obtient a=(m1−m2)gm1+m2+J/r2a = \dfrac{(m_1 - m_2)g}{m_1 + m_2 + J/r^2} (le terme J/r2J/r^2 joue le rôle d'une masse équivalente de la poulie). Exemple : m1=2 kgm_1 = 2\,\text{kg}, m2=1 kgm_2 = 1\,\text{kg}, J=0,05 kg⋅m2J = 0{,}05\,\mathrm{kg·m}^2, r=0,1 mr = 0{,}1\,\text{m} : a=g3+5=1,23 m/s2a = \dfrac{g}{3 + 5} = 1{,}23\,\text{m/s}^2 (la poulie ralentit le système par rapport au cas J=0J = 0, a=g/3=3,27 m/s2a = g/3 = 3{,}27\,\text{m/s}^2).

Système couplé (translation + rotation — complément, traité en PSI). Quand un solide roule sans glisser (roue, cylindre) sur un plan, le point de contact est instantanément au repos : la vitesse du centre de masse est v=ωrv = \omega r (liaison cinématique). Le TMC scalaire (par rapport au point de contact) donne Jcontactω˙=McontactJ_{\text{contact}}\dot{\omega} = M_{\text{contact}} ; le PFD du centre de masse donne ma=Ftangma = F_{\text{tang}}. Les deux équations, combinées avec v=ωrv = \omega r, donnent l'accélération (ex. roue sur plan incliné : a=gsin⁡α/(1+J/(mr2))a = g\sin\alpha/(1 + J/(mr^2))).

Capacités exigibles​

  • P2.7.rotation-axe — Appliquer le théorème du moment cinétique scalaire : écrire Jω˙=MJ\dot{\omega} = M (ou d(Jω)/dt=M\mathrm{d}(J\omega)/\mathrm{d}t = M si JJ variable), calculer le moment d'inertie JJ (tableau + Steiner), établir le moment MM des forces, et en déduire l'équation du mouvement (et l'énergie cinétique Ec=12Jω2E_c = \tfrac{1}{2}J\omega^2).

Pièges classiques​

  • Moment d'inertie dépend de l'axe : JJ n'est pas une propriété intrinsèque du solide ; il dépend de l'axe de rotation (ex. tige : Jcm=112mL2J_{\text{cm}} = \tfrac{1}{12}mL^2 mais Jextreˊmiteˊ=13mL2J_{\text{extrémité}} = \tfrac{1}{3}mL^2) ; il faut toujours préciser l'axe.
  • Théorème de Steiner : J=Jcm+md2J = J_{\text{cm}} + md^2 (pas Jcm−md2J_{\text{cm}} - md^2) ; il ne s'applique que pour des axes parallèles (pas pour des axes perpendiculaires).
  • TMC scalaire : JJ constant ou variable : si JJ est constant, Jθ¨=MJ\ddot{\theta} = M ; si JJ est variable (masse mobile), il faut dériver le produit : d(Jω)/dt=J˙ω+Jω˙=M\mathrm{d}(J\omega)/\mathrm{d}t = \dot{J}\omega + J\dot{\omega} = M (le terme J˙ω\dot{J}\omega ne doit pas être oublié).
  • Énergie cinétique de rotation : Ec=12Jω2E_c = \tfrac{1}{2}J\omega^2 (pas 12Jv2\tfrac{1}{2}Jv^2) ; ω\omega est la vitesse angulaire (rad/s), pas la vitesse linéaire.
  • Pendule pesant vs pendule simple : le pendule pesant (tige) a T=2π2L/(3g)T = 2\pi\sqrt{2L/(3g)} (plus court) ; le pendule simple (bille) a T=2πL/gT = 2\pi\sqrt{L/g} ; il ne faut pas confondre les deux (le centre de masse de la tige est à L/2L/2).
  • Couplage induction : la force contre-électromotrice e=Kωe = K\omega est opposée à la tension appliquée (loi de Lenz) ; elle freine le moteur (c'est pour ça qu'un moteur sous charge consomme plus de courant) ; il ne faut pas l'oublier dans le bilan.

Graphe de référence​

Énergie cinétique de rotation Ec=12Jω2E_c = \dfrac{1}{2}J\omega^2 d'un solide (J=0,5 kg⋅m2J = 0{,}5\,\mathrm{kg·m}^2) en fonction de la vitesse angulaire ω\omega. La courbe est une parabole (Ec∝ω2E_c \propto \omega^2) : pour ω=4 rad/s\omega = 4\,\text{rad/s}, Ec=4,0 JE_c = 4{,}0\,\text{J} ; pour ω=8 rad/s\omega = 8\,\text{rad/s}, Ec=16 JE_c = 16\,\text{J} (quadrupler ω\omega quadruple EcE_c).

Énergie cinétique de rotation Ec = ½Jω² (J = 0,5 kg·m²)

Pour aller plus loin​

Annales utilisables sur ce chapitre (§4 de l'annexe Ressources, exercices et annales) : e3a, CCINP Physique — parties « mécanique ».

Voir aussi Ressources, exercices et annales pour les manuels recommandés et les banques d'exercices gratuites.