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Brouillon non relu. Ce cours est un brouillon non relu par l'enseignant : le contenu est à faire vérifier avant toute utilisation en classe.

P4.2 — Actions d'un champ magnétique

Objectif du chapitre. Étudier les actions d'un champ magnétique sur les courants : la force de Laplace F⃗=I dℓ⃗×B⃗\vec{F} = I\,\mathrm{d}\vec{\ell} \times \vec{B} sur un conducteur, la résultante et la puissance sur un conducteur rectiligne, le couple sur un moment magnétique Γ⃗=m⃗×B⃗\vec{\Gamma} = \vec{m} \times \vec{B} (bobine, galvanomètre, moteur), et la position d'équilibre. L'objectif est de savoir calculer la force de Laplace sur un conducteur : c'est l'exercice type du chapitre.

Le produit vectoriel u⃗×v⃗\vec{u} \times \vec{v} est défini dans l'annexe Outils mathématiques.

Notions​

1. Force de Laplace​

La force de Laplace sur un conducteur parcouru par un courant II dans un champ magnétique B⃗\vec{B} est

dF⃗=I dℓ⃗×B⃗,\mathrm{d}\vec{F} = I\,\mathrm{d}\vec{\ell} \times \vec{B},

où dℓ⃗\mathrm{d}\vec{\ell} est un élément de longueur du conducteur (orienté dans le sens du courant). Pour un conducteur rectiligne de longueur LL dans un champ uniforme :

F⃗=I L⃗×B⃗,F=ILBsin⁡θ,\vec{F} = I\, \vec{L} \times \vec{B}, \qquad F = I L B \sin\theta,

où θ\theta est l'angle entre L⃗\vec{L} (sens du courant) et B⃗\vec{B}.

Sens. La direction de F⃗\vec{F} est donnée par la règle de la main droite (doigts de L⃗\vec{L} vers B⃗\vec{B}, pouce dans le sens de F⃗\vec{F}) ; elle est perpendiculaire au plan (L⃗,B⃗)(\vec{L}, \vec{B}).

Lien avec la force de Lorentz. La force de Laplace est la somme des forces de Lorentz sur les porteurs de charge du conducteur : chaque porteur (charge qq en mouvement de dérive v⃗d\vec{v}_d) subit q v⃗d×B⃗q\,\vec{v}_d \times \vec{B} ; en sommant sur la section, on retrouve I dℓ⃗×B⃗I\,\mathrm{d}\vec{\ell} \times \vec{B} (chapitre P2.4). La force de Laplace est donc la version macroscopique (courant) de la force de Lorentz (charge en mouvement).

Propriétés.

  • F⃗\vec{F} est perpendiculaire à B⃗\vec{B} et à L⃗\vec{L} (force magnétique, pas de composante le long du champ).
  • F=0F = 0 si L⃗∥B⃗\vec{L} \parallel \vec{B} (θ=0\theta = 0) : un fil parallèle au champ n'est pas dévié.
  • F=ILBF = ILB si L⃗⊥B⃗\vec{L} \perp \vec{B} (θ=90∘\theta = 90^\circ) : force maximale.

Exemple. Fil rectiligne de L=10 cmL = 10\,\text{cm}, I=2 AI = 2\,\text{A}, dans B=0,5 TB = 0{,}5\,\text{T} : pour θ=90∘\theta = 90^\circ, F=2×0,1×0,5=0,1 NF = 2 \times 0{,}1 \times 0{,}5 = 0{,}1\,\text{N} ; pour θ=30∘\theta = 30^\circ, F=0,05 NF = 0{,}05\,\text{N} ; pour θ=0∘\theta = 0^\circ, F=0F = 0.

2. Résultante et puissance sur un conducteur​

Résultante. Pour un conducteur fermé (boucle) dans un champ uniforme, la résultante des forces de Laplace est nulle (∮I dℓ⃗×B⃗=I(∮dℓ⃗)×B⃗=0\oint I\,\mathrm{d}\vec{\ell} \times \vec{B} = I(\oint \mathrm{d}\vec{\ell}) \times \vec{B} = 0, car ∮dℓ⃗=0\oint \mathrm{d}\vec{\ell} = 0) : la boucle ne se déplace pas (pas de translation), mais elle peut tourner (couple, section 3).

Puissance. La puissance mécanique de la force de Laplace sur un conducteur en mouvement de vitesse v⃗\vec{v} est P=F⃗⋅v⃗P = \vec{F} \cdot \vec{v}. Pour un fil qui glisse le long de rails (vitesse v⃗\vec{v} perpendiculaire à B⃗\vec{B} et au fil) : P=Fv=ILBvP = F v = I L B v (puissance mécanique convertie en électrique — c'est le principe du générateur ; ou l'inverse pour un moteur).

Exemple. Fil de L=10 cmL = 10\,\text{cm}, I=2 AI = 2\,\text{A}, B=0,5 TB = 0{,}5\,\text{T}, glissant à v=0,5 m/sv = 0{,}5\,\text{m/s} (perpendiculaire) : P=ILBv=2×0,1×0,5×0,5=0,05 WP = I L B v = 2 \times 0{,}1 \times 0{,}5 \times 0{,}5 = 0{,}05\,\text{W} (puissance mécanique ; si le fil est moteur (on impose le courant), c'est la puissance fournie ; si le fil est entraîné (générateur), c'est la puissance reçue).

3. Couple sur un moment magnétique​

Une bobine de NN spires de surface SS parcourue par un courant II, de moment magnétique m⃗=NIS n⃗\vec{m} = N I S\, \vec{n} (chapitre P4.1), placée dans un champ B⃗\vec{B}, subit un couple

Γ⃗=m⃗×B⃗,Γ=mBsin⁡θ=NISBsin⁡θ,\vec{\Gamma} = \vec{m} \times \vec{B}, \qquad \Gamma = m B \sin\theta = N I S B \sin\theta,

où θ\theta est l'angle entre m⃗\vec{m} (normale à la bobine) et B⃗\vec{B}.

Effet du couple. Le couple aligne m⃗\vec{m} sur B⃗\vec{B} (tendance à l'équilibre : m⃗∥B⃗\vec{m} \parallel \vec{B}, θ=0\theta = 0). C'est le principe du galvanomètre (l'aiguille s'oriente selon le champ) et du moteur (le couple fait tourner la bobine).

Exemple. Bobine de N=100N = 100 spires, S=100 cm2=10−2 m2S = 100\,\text{cm}^2 = 10^{-2}\,\text{m}^2, I=2 AI = 2\,\text{A}, dans B=0,5 TB = 0{,}5\,\text{T} : m=NIS=100×2×10−2=2 A⋅m2m = NIS = 100 \times 2 \times 10^{-2} = 2\,\mathrm{A·m}^2 ; pour θ=90∘\theta = 90^\circ, Γ=mB=2×0,5=1,0 N⋅m\Gamma = mB = 2 \times 0{,}5 = 1{,}0\,\mathrm{N·m} (couple maximal) ; pour θ=0∘\theta = 0^\circ, Γ=0\Gamma = 0 (équilibre).

Énergie potentielle. L'énergie potentielle d'un dipôle magnétique dans un champ est Ep=−m⃗⋅B⃗=−mBcos⁡θE_p = -\vec{m} \cdot \vec{B} = -mB\cos\theta ; l'équilibre stable est θ=0\theta = 0 (EpE_p minimal, m⃗∥B⃗\vec{m} \parallel \vec{B}), l'équilibre instable est θ=π\theta = \pi (EpE_p maximal, m⃗∥−B⃗\vec{m} \parallel -\vec{B}).

4. Position d'équilibre​

Bobine dans un champ. La position d'équilibre stable est m⃗∥B⃗\vec{m} \parallel \vec{B} (normale à la bobine parallèle au champ) : le couple est nul et l'énergie potentielle est minimale. La position d'équilibre instable est m⃗∥−B⃗\vec{m} \parallel -\vec{B} (normale opposée au champ).

Aiguille de boussole. L'aiguille aimantée (dipôle magnétique) s'oriente selon le champ terrestre : l'extrémité Nord de l'aiguille pointe vers le pôle Sud magnétique de la Terre (les pôles opposés s'attirent) ; c'est la position d'équilibre stable (m⃗\vec{m} aligné sur B⃗terre\vec{B}_{\text{terre}}).

Moteur à courant continu. Le couple Γ=mBsin⁡θ\Gamma = mB\sin\theta varie avec l'angle θ\theta (nul à θ=0\theta = 0 et π\pi) ; pour un moteur continu, il faut inverser le courant à chaque demi-tour (commutateur) pour maintenir le couple dans le même sens (sinon la bobine oscille autour de l'équilibre).

Exemple (galvanomètre). Un galvanomètre (bobine dans un champ radial uniforme) a un couple constant Γ=mB\Gamma = mB (car θ=90∘\theta = 90^\circ toujours, grâce au champ radial) ; le ressort de rappel équilibre le couple : kθ=mBk\theta = mB (angle proportionnel au courant) ; c'est le principe de la mesure du courant (l'aiguille dévie d'un angle proportionnel à II).

5. Applications : moteur et générateur​

Moteur à courant continu. Un moteur convertit l'énergie électrique en énergie mécanique : le couple de Laplace Γ=mBsin⁡θ\Gamma = mB\sin\theta fait tourner la bobine ; le commutateur (collecteur) inverse le courant à chaque demi-tour pour maintenir le couple dans le même sens (sinon la bobine oscille). La force contre-électromotrice (induction, chapitre P4.3) e=Kωe = K\omega s'oppose au courant : en régime permanent, U=RI+KωU = RI + K\omega (la tension d'alimentation compense la chute ohmique et la contre-électromotrice). La puissance mécanique est Pm=KωIP_m = K\omega I (proportionnelle au couple et à la vitesse).

Générateur. Un générateur convertit l'énergie mécanique en énergie électrique : on fait tourner la bobine (moulin, turbine) ; l'induction crée une fem e=Kωe = K\omega qui pousse le courant ; la force de Laplace s'oppose au mouvement (frein) : il faut fournir du travail mécanique pour maintenir la rotation. C'est le principe de Lenz (le courant induit s'oppose à la cause qui le produit).

Exemple (moteur). Moteur de K=0,1 V⋅s/radK = 0{,}1\,\mathrm{V·s/rad}, R=5 ΩR = 5\,\Omega, alimenté par U=12 VU = 12\,\text{V}, en régime permanent à ω=100 rad/s\omega = 100\,\text{rad/s} : la contre-électromotrice est e=Kω=10 Ve = K\omega = 10\,\text{V} ; le courant est I=(U−e)/R=(12−10)/5=0,4 AI = (U - e)/R = (12 - 10)/5 = 0{,}4\,\text{A} ; la puissance mécanique est Pm=KωI=0,1×100×0,4=4,0 WP_m = K\omega I = 0{,}1 \times 100 \times 0{,}4 = 4{,}0\,\text{W} ; la puissance électrique est Pe=UI=12×0,4=4,8 WP_e = UI = 12 \times 0{,}4 = 4{,}8\,\text{W} ; les pertes ohmiques sont RI2=5×0,16=0,8 WRI^2 = 5 \times 0{,}16 = 0{,}8\,\text{W} (vérification : 4,0+0,8=4,84{,}0 + 0{,}8 = 4{,}8).

Capacités exigibles​

  • P4.2.laplace — Calculer la force de Laplace sur un conducteur : écrire F⃗=I L⃗×B⃗\vec{F} = I\,\vec{L} \times \vec{B} (conducteur rectiligne, champ uniforme), calculer le module F=ILBsin⁡θF = ILB\sin\theta et la direction (règle de la main droite, perpendiculaire au plan (L⃗,B⃗)(\vec{L}, \vec{B})), et en déduire la résultante (nulle pour une boucle en champ uniforme) et la puissance P=F⃗⋅v⃗P = \vec{F} \cdot \vec{v}.

Pièges classiques​

  • Force de Laplace perpendiculaire au champ : F⃗⊥B⃗\vec{F} \perp \vec{B} (toujours) ; il ne faut pas confondre avec la force électrique qE⃗q\vec{E} (parallèle à E⃗\vec{E}) ; la force magnétique est perpendiculaire au champ (elle courbe la trajectoire, pas le long du champ).
  • F=0F = 0 si L⃗∥B⃗\vec{L} \parallel \vec{B} : un fil parallèle au champ n'est pas dévié (sin⁡θ=0\sin\theta = 0) ; la force est maximale si L⃗⊥B⃗\vec{L} \perp \vec{B} (sin⁡θ=1\sin\theta = 1) ; il ne faut pas oublier le sinus de l'angle.
  • Résultante nulle pour une boucle en champ uniforme : la résultante des forces de Laplace sur une boucle fermée en champ uniforme est nulle (pas de translation) ; mais le couple peut être non nul (la boucle tourne) ; il ne faut pas confondre la résultante (translation) et le couple (rotation).
  • Couple Γ=mBsin⁡θ\Gamma = mB\sin\theta : le couple est maximal si m⃗⊥B⃗\vec{m} \perp \vec{B} (θ=90∘\theta = 90^\circ) et nul si m⃗∥B⃗\vec{m} \parallel \vec{B} (θ=0\theta = 0) ; il ne faut pas confondre avec l'énergie potentielle Ep=−mBcos⁡θE_p = -mB\cos\theta (minimale à θ=0\theta = 0, maximale à θ=π\theta = \pi).
  • Position d'équilibre : l'équilibre stable est m⃗∥B⃗\vec{m} \parallel \vec{B} (EpE_p minimal) ; l'équilibre instable est m⃗∥−B⃗\vec{m} \parallel -\vec{B} (EpE_p maximal) ; il ne faut pas confondre les deux (le couple ramène vers l'équilibre stable, pas vers l'instable).
  • Puissance P=F⃗⋅v⃗P = \vec{F} \cdot \vec{v} : la puissance est nulle si v⃗⊥F⃗\vec{v} \perp \vec{F} (mouvement perpendiculaire à la force) ; elle est maximale si v⃗∥F⃗\vec{v} \parallel \vec{F} ; pour un fil qui glisse le long de rails, v⃗\vec{v} est parallèle à F⃗\vec{F} (puissance maximale P=FvP = Fv).

Graphe de référence​

Couple Γ=mBsin⁡θ\Gamma = mB\sin\theta d'une bobine (m=2 A⋅m2m = 2\,\mathrm{A·m}^2, B=0,5 TB = 0{,}5\,\text{T}) en fonction de l'angle θ\theta entre m⃗\vec{m} et B⃗\vec{B}. La courbe est un sinus : Γ=0\Gamma = 0 à θ=0\theta = 0 (équilibre) et θ=π\theta = \pi ; Γ=mB=1,0 N⋅m\Gamma = mB = 1{,}0\,\mathrm{N·m} à θ=π/2\theta = \pi/2 (couple maximal). L'énergie potentielle Ep=−mBcos⁡θE_p = -mB\cos\theta est minimale à θ=0\theta = 0 (équilibre stable) et maximale à θ=π\theta = \pi (équilibre instable).

Couple Γ = mB·sin(θ) d'une bobine (mB = 1 N·m)

Pour aller plus loin​

Ce chapitre n'a pas de renvoi spécifique dans la table du §4 de l'annexe Ressources, exercices et annales (programme non explicitement couvert par les thèmes recensés) — voir la page générale pour les manuels recommandés, les banques d'exercices gratuites et les annales par matière.