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Brouillon non relu. Ce cours est un brouillon non relu par l'enseignant : le contenu est à faire vérifier avant toute utilisation en classe.

P2.1 — Cinématique en coordonnées polaires

Objectif du chapitre. Décrire un mouvement plan en coordonnées polaires (r,θ)(r, \theta) : définir la base polaire (e⃗r,e⃗θ)(\vec{e}_r, \vec{e}_\theta), exprimer la vitesse et l'accélération de la particule, et appliquer ces formules aux cas classiques (mouvement circulaire uniforme, spirale, mouvement radial). L'objectif est de savoir écrire vitesse et accélération en coordonnées polaires sans erreur de signe : c'est l'exercice type du chapitre, et la porte d'entrée vers les champs de force centrale (chapitre P2.6).

Notions​

1. Coordonnées polaires et base polaire​

Un point MM du plan est repéré par son rayon vectoriel r=OMr = OM (distance à l'origine OO) et son angle polaire θ\theta (angle entre l'axe de référence et OM⃗\vec{OM}). Les coordonnées polaires sont (r,θ)(r, \theta) ; les coordonnées cartésiennes sont x=rcos⁡θx = r\cos\theta, y=rsin⁡θy = r\sin\theta.

Base polaire. On associe à MM une base orthonormée (e⃗r,e⃗θ)(\vec{e}_r, \vec{e}_\theta) :

  • e⃗r\vec{e}_r : radiale, dirigée de OO vers MM (sens du rayon).
  • e⃗θ\vec{e}_\theta : transversale (tangentielle), perpendiculaire à e⃗r\vec{e}_r, dans le sens du θ\theta croissant.

Point crucial. La base polaire dépend de la position : elle change quand MM se déplace. Ses dérivées sont

de⃗rdt=θ˙ e⃗θ,de⃗θdt=−θ˙ e⃗r.\frac{\mathrm{d}\vec{e}_r}{\mathrm{d}t} = \dot{\theta}\,\vec{e}_\theta, \qquad \frac{\mathrm{d}\vec{e}_\theta}{\mathrm{d}t} = -\dot{\theta}\,\vec{e}_r.

Calcul (à savoir refaire). En coordonnées cartésiennes, e⃗r=(cos⁡θ,sin⁡θ)\vec{e}_r = (\cos\theta, \sin\theta) et e⃗θ=(−sin⁡θ,cos⁡θ)\vec{e}_\theta = (-\sin\theta, \cos\theta). En dérivant par rapport au temps (la chaîne passe par θ\theta) : de⃗rdt=de⃗rdθ θ˙=(−sin⁡θ,cos⁡θ) θ˙=θ˙ e⃗θ\dfrac{\mathrm{d}\vec{e}_r}{\mathrm{d}t} = \dfrac{\mathrm{d}\vec{e}_r}{\mathrm{d}\theta}\,\dot{\theta} = (-\sin\theta, \cos\theta)\,\dot{\theta} = \dot{\theta}\,\vec{e}_\theta ; de même de⃗θdt=de⃗θdθ θ˙=(−cos⁡θ,−sin⁡θ) θ˙=−θ˙ e⃗r\dfrac{\mathrm{d}\vec{e}_\theta}{\mathrm{d}t} = \dfrac{\mathrm{d}\vec{e}_\theta}{\mathrm{d}\theta}\,\dot{\theta} = (-\cos\theta, -\sin\theta)\,\dot{\theta} = -\dot{\theta}\,\vec{e}_r. (Ces dérivées de vecteurs sont rappelées dans l'annexe Outils mathématiques.)

C'est cette dépendance qui donne les termes « supplémentaires » de l'accélération polaire.

2. Vitesse en coordonnées polaires​

Le rayon vectoriel est OM⃗=r e⃗r\vec{OM} = r\,\vec{e}_r. Sa dérivée (vitesse) est

v⃗=ddt(r e⃗r)=r˙ e⃗r+rθ˙ e⃗θ.\vec{v} = \frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t}\left(r\,\vec{e}_r\right) = \dot{r}\,\vec{e}_r + r\dot{\theta}\,\vec{e}_\theta.

Composantes.

  • Radiale : vr=r˙v_r = \dot{r} (vitesse de variation du rayon).
  • Transversale : vθ=rθ˙v_\theta = r\dot{\theta} (vitesse angulaire multipliée par le rayon).

Module : v=r˙2+(rθ˙)2v = \sqrt{\dot{r}^2 + (r\dot{\theta})^2}.

Cas particuliers.

  • Mouvement radial (θ\theta constant, θ˙=0\dot{\theta} = 0) : v⃗=r˙ e⃗r\vec{v} = \dot{r}\,\vec{e}_r (pure radiale).
  • Mouvement circulaire (rr constant, r˙=0\dot{r} = 0) : v⃗=rθ˙ e⃗θ\vec{v} = r\dot{\theta}\,\vec{e}_\theta (pure tangentielle, perpendiculaire au rayon).

3. Accélération en coordonnées polaires​

La dérivée de la vitesse donne l'accélération :

a⃗=dv⃗dt=(r¨−rθ˙2)e⃗r+(rθ¨+2r˙θ˙)e⃗θ.\vec{a} = \frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} = \left(\ddot{r} - r\dot{\theta}^2\right)\vec{e}_r + \left(r\ddot{\theta} + 2\dot{r}\dot{\theta}\right)\vec{e}_\theta.

Composantes.

  • Radiale : ar=r¨−rθ˙2a_r = \ddot{r} - r\dot{\theta}^2 (accélération radiale centripète −rθ˙2-r\dot{\theta}^2 + variation du rayon r¨\ddot{r}).
  • Transversale : aθ=rθ¨+2r˙θ˙a_\theta = r\ddot{\theta} + 2\dot{r}\dot{\theta} (accélération angulaire rθ¨r\ddot{\theta} + terme de Coriolis 2r˙θ˙2\dot{r}\dot{\theta} — terminologie abusive mais usuelle : il ne s'agit pas ici d'un référentiel tournant, c'est un terme de la dérivée seconde dans un repère non cartésien).

Module : a=(r¨−rθ˙2)2+(rθ¨+2r˙θ˙)2a = \sqrt{(\ddot{r} - r\dot{\theta}^2)^2 + (r\ddot{\theta} + 2\dot{r}\dot{\theta})^2}.

Interprétation physique.

  • Le terme −rθ˙2-r\dot{\theta}^2 est l'accélération centripète : il pointe vers l'origine et est nécessaire pour courber la trajectoire.
  • Le terme 2r˙θ˙2\dot{r}\dot{\theta} est l'accélération de Coriolis : elle apparaît quand le rayon varie pendant la rotation ; elle est perpendiculaire au rayon et à la vitesse radiale.

4. Mouvement circulaire uniforme​

Pour un mouvement circulaire uniforme (MCU) de rayon rr constant et de vitesse angulaire ω=θ˙\omega = \dot{\theta} constante :

v⃗=ωr e⃗θ,a⃗=−ω2r e⃗r=−v2r e⃗r.\vec{v} = \omega r\,\vec{e}_\theta, \qquad \vec{a} = -\omega^2 r\,\vec{e}_r = -\frac{v^2}{r}\,\vec{e}_r.

Caractéristiques.

  • La vitesse est tangentielle (perpendiculaire au rayon) et de module constant v=ωrv = \omega r.
  • L'accélération est centripète (dirigée vers le centre) et de module constant a=ω2r=v2/ra = \omega^2 r = v^2/r.
  • La période est T=2π/ωT = 2\pi/\omega ; la fréquence est f=1/T=ω/(2π)f = 1/T = \omega/(2\pi).

Exemple. MCU de r=0,5 mr = 0{,}5\,\text{m}, ω=2 rad/s\omega = 2\,\text{rad/s} : v=ωr=1,0 m/sv = \omega r = 1{,}0\,\text{m/s}, a=ω2r=2,0 m/s2a = \omega^2 r = 2{,}0\,\text{m/s}^2 (centripète), T=π≈3,14 sT = \pi \approx 3{,}14\,\text{s}.

5. Spirale et mouvement radial​

Spirale d'Archimède. Pour une spirale r=aθr = a\theta (avec θ\theta croissant) et θ˙=ω\dot{\theta} = \omega constant :

  • r˙=aω\dot{r} = a\omega (constante), r¨=0\ddot{r} = 0.
  • vr=aωv_r = a\omega, vθ=rω=aωθv_\theta = r\omega = a\omega\theta (croît avec θ\theta).
  • ar=−rω2=−aω2θa_r = -r\omega^2 = -a\omega^2\theta (centripète, croît avec θ\theta), aθ=2aω2a_\theta = 2a\omega^2 (Coriolis, constante).

Exemple. a=0,1 m/rada = 0{,}1\,\text{m/rad}, ω=1 rad/s\omega = 1\,\text{rad/s}, au tour θ=2π\theta = 2\pi : r=0,628 mr = 0{,}628\,\text{m}, v=(0,1)2+(0,628)2≈0,636 m/sv = \sqrt{(0{,}1)^2 + (0{,}628)^2} \approx 0{,}636\,\text{m/s}, a=(0,628)2+(0,2)2≈0,659 m/s2a = \sqrt{(0{,}628)^2 + (0{,}2)^2} \approx 0{,}659\,\text{m/s}^2.

Mouvement radial pur (θ\theta constant) : v⃗=r˙ e⃗r\vec{v} = \dot{r}\,\vec{e}_r, a⃗=r¨ e⃗r\vec{a} = \ddot{r}\,\vec{e}_r (pas de terme centripète, pas de Coriolis).

6. Lien avec les coordonnées cartésiennes​

Les formules polaires sont équivalentes aux formules cartésiennes, mais adaptées aux trajectoires avec symétrie de rotation (cercle, spirale, champ central). Le passage s'effectue par :

x=rcos⁡θ,y=rsin⁡θ,r=x2+y2,θ=arctan⁡(y/x).x = r\cos\theta, \qquad y = r\sin\theta, \qquad r = \sqrt{x^2 + y^2}, \qquad \theta = \arctan(y/x).

Quand utiliser les polaires ?

  • Trajectoire circulaire ou spirale : les polaires sont naturelles (rr ou θ\theta constant).
  • Champ de force centrale (gravitation, électrostatique) : la force est radiale (F⃗=F(r) e⃗r\vec{F} = F(r)\,\vec{e}_r), donc la composante transversale de l'accélération est nulle : rθ¨+2r˙θ˙=0r\ddot{\theta} + 2\dot{r}\dot{\theta} = 0 (conservation du moment cinétique r2θ˙r^2\dot{\theta}). C'est la porte d'entrée vers le chapitre P2.6 (Kepler).

7. Application : champ de force centrale​

Dans un champ de force centrale (force toujours dirigée vers un point fixe OO), l'accélération est pure radiale : a⃗=ar e⃗r\vec{a} = a_r\,\vec{e}_r avec aθ=0a_\theta = 0. La composante transversale de l'équation du mouvement donne

rθ¨+2r˙θ˙=0⟺ddt(r2θ˙)=0.r\ddot{\theta} + 2\dot{r}\dot{\theta} = 0 \quad \Longleftrightarrow \quad \frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t}\left(r^2\dot{\theta}\right) = 0.
Renvois en avant

Ce paragraphe utilise le moment cinétique (défini en P2.5), la force centrale et la gravitation (chapitre P2.6 / ch14) et le PFD (chapitre P2.2) avant leurs chapitres : on les introduit ici pour montrer l'application des coordonnées polaires, et on les développe dans les chapitres correspondants.

Conservation du moment cinétique. La grandeur L=m r2θ˙L = m\,r^2\dot{\theta} est constante (c'est le moment cinétique par unité de masse, noté souvent ℓ=r2θ˙\ell = r^2\dot{\theta}). C'est la 2e loi de Kepler (aires balayées égales en temps égaux) : quand la particule est proche du centre (rr petit), θ˙\dot{\theta} est grand (elle « tourne vite ») ; quand elle est loin, θ˙\dot{\theta} est petit.

Exemple (orbite elliptique). Pour une orbite elliptique de demi-grand axe aa et excentricité ee, le rayon varie entre rmin⁡=a(1−e)r_{\min} = a(1-e) (périhélie) et rmax⁡=a(1+e)r_{\max} = a(1+e) (aphélie). La conservation de ℓ=r2θ˙\ell = r^2\dot{\theta} donne le rapport des vitesses angulaires : θ˙max⁡/θ˙min⁡=(rmax⁡/rmin⁡)2=(1+e1−e)2\dot{\theta}_{\max}/\dot{\theta}_{\min} = (r_{\max}/r_{\min})^2 = \left(\dfrac{1+e}{1-e}\right)^2. Pour e=0,2e = 0{,}2 : le rapport est (1,2/0,8)2=2,25(1{,}2/0{,}8)^2 = 2{,}25 (la particule tourne 2,25 fois plus vite au périhélie qu'à l'aphélie).

Équation radiale du mouvement. La composante radiale de l'accélération, combinée à la conservation de ℓ\ell, conduit à l'équation radiale du mouvement (l'équation de Binet, en u=1/ru = 1/r, est un complément hors programme) :

r¨−ℓ2r3=F(r)m,\ddot{r} - \frac{\ell^2}{r^3} = \frac{F(r)}{m},

qui, pour une force en 1/r21/r^2 (gravitation), donne une conique (ellipse, parabole, hyperbole) — c'est le contenu du chapitre P2.6.

8. Exemples supplémentaires​

Satellite en orbite circulaire. Un satellite à r=7000 kmr = 7000\,\text{km} de la Terre (masse M=5,97×1024 kgM = 5{,}97 \times 10^{24}\,\text{kg}) : la force gravitationnelle fournit l'accélération centripète ω2r=GM/r2\omega^2 r = GM/r^2, soit ω=GM/r3=1,08×10−3 rad/s\omega = \sqrt{GM/r^3} = 1{,}08 \times 10^{-3}\,\text{rad/s}, v=ωr=7,54 km/sv = \omega r = 7{,}54\,\text{km/s}, T=2π/ω=97 minT = 2\pi/\omega = 97\,\text{min}. L'accélération est a=v2/r=8,1 m/s2a = v^2/r = 8{,}1\,\text{m/s}^2 (centripète).

Vélo sur piste cyclable. Un cycliste sur une piste de rayon r=50 mr = 50\,\text{m} à v=10 m/sv = 10\,\text{m/s} : ω=v/r=0,2 rad/s\omega = v/r = 0{,}2\,\text{rad/s}, a=v2/r=2,0 m/s2a = v^2/r = 2{,}0\,\text{m/s}^2 (centripète). La pente de la piste (banking) est choisie pour que la réaction du sol fournisse exactement cette accélération sans frottement : tan⁡α=a/g=0,204\tan\alpha = a/g = 0{,}204, soit α≈11,5∘\alpha \approx 11{,}5^\circ.

Capacités exigibles​

  • P2.1.cinetique-polaires — Écrire vitesse et accélération en coordonnées polaires : utiliser v⃗=r˙ e⃗r+rθ˙ e⃗θ\vec{v} = \dot{r}\,\vec{e}_r + r\dot{\theta}\,\vec{e}_\theta et a⃗=(r¨−rθ˙2)e⃗r+(rθ¨+2r˙θ˙)e⃗θ\vec{a} = (\ddot{r} - r\dot{\theta}^2)\vec{e}_r + (r\ddot{\theta} + 2\dot{r}\dot{\theta})\vec{e}_\theta, et identifier les termes centripète (−rθ˙2-r\dot{\theta}^2) et de Coriolis (2r˙θ˙2\dot{r}\dot{\theta}).

Pièges classiques​

  • Oublier que la base polaire change : les dérivées de e⃗r\vec{e}_r et e⃗θ\vec{e}_\theta sont non nulles (θ˙e⃗θ\dot{\theta}\vec{e}_\theta et −θ˙e⃗r-\dot{\theta}\vec{e}_r) ; c'est ce qui donne les termes « supplémentaires » de l'accélération. Si on traite la base comme constante, on obtient a⃗=r¨ e⃗r+rθ¨ e⃗θ\vec{a} = \ddot{r}\,\vec{e}_r + r\ddot{\theta}\,\vec{e}_\theta (faux).
  • Signe du terme centripète : −rθ˙2-r\dot{\theta}^2 est négatif (pointe vers l'origine) ; il ne faut pas l'écrire +rθ˙2+r\dot{\theta}^2.
  • Terme de Coriolis : 2r˙θ˙2\dot{r}\dot{\theta} n'apparaît que si r˙≠0\dot{r} \neq 0 et θ˙≠0\dot{\theta} \neq 0 ; pour un MCU (r˙=0\dot{r} = 0) ou un mouvement radial (θ˙=0\dot{\theta} = 0), il est nul.
  • Confondre θ˙\dot{\theta} et ω\omega : θ˙\dot{\theta} est la vitesse angulaire instantanée ; ω\omega est souvent utilisé quand elle est constante (MCU).
  • Module de la vitesse : v=r˙2+(rθ˙)2v = \sqrt{\dot{r}^2 + (r\dot{\theta})^2}, pas r˙+rθ˙\dot{r} + r\dot{\theta} (il faut la racine carrée de la somme des carrés).
  • MCU : accélération non nulle : même si la vitesse est constante en module, l'accélération est non nulle (centripète) : c'est elle qui courbe la trajectoire.

Graphe de référence​

Vitesse v=ωrv = \omega r et accélération centripète a=ω2ra = \omega^2 r d'un mouvement circulaire uniforme (ω=2 rad/s\omega = 2\,\text{rad/s}) en fonction du rayon rr. La vitesse est linéaire en rr (pente ω\omega) ; l'accélération est linéaire en rr (pente ω2\omega^2). Pour r=0,5 mr = 0{,}5\,\text{m} : v=1,0 m/sv = 1{,}0\,\text{m/s}, a=2,0 m/s2a = 2{,}0\,\text{m/s}^2.

MCU (ω=2 rad/s) : v et a en fonction du rayon r

Pour aller plus loin​

Ce chapitre n'a pas de socle existant (il a été créé pour combler la capacité P2.1.cinetique-polaires du référentiel). Voir la page générale Ressources, exercices et annales pour les manuels recommandés et les banques d'exercices gratuites. Le chapitre P2.6 (mouvement dans un champ de force centrale conservatif) est la suite directe : les formules polaires y sont utilisées pour établir la conservation du moment cinétique et les lois de Kepler.